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Crash à Kenge : « nous ne pouvons pas attendre qu’un autre drame survienne pour renforcer les infrastructures au Kwango », Tite Mund À Ngaand

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L’ouverture de la session de septembre, mercredi, à l’Assemblée provinciale du Kwango, n’a pas pu se tenir sans revenir sur le crash d’avion survenu vendredi 25 septembre à Kenge, chef-lieu de la province.

Pour le président de l’Assemblée provinciale du Kwango, Tite Mund À Ngaand, cette tragédie doit être considérée comme une interpellation face à la situation de sous-développement de la province, douze ans après sa création.

Le speaker de l’Assemblée provinciale estime que ce drame met notamment en lumière l’insuffisance des infrastructures de base dans la province. Il relève que, même dans l’hypothèse où certains occupants de l’appareil auraient survécu, le Kwango aurait éprouvé d’importantes difficultés à leur assurer une prise en charge médicale appropriée, faute d’infrastructures sanitaires suffisamment équipées.

« Si certains de nos compatriotes avaient survécu à ce crash, avec des blessures nécessitant une prise en charge urgente et spécialisée, la ville de Kenge aurait éprouvé d’énormes difficultés à leur apporter les soins appropriés. Notre province du Kwango ne dispose toujours pas d’un hôpital général de référence suffisamment équipé et doté des capacités nécessaires pour faire face aux situations d’urgence de grande ampleur », a-t-il déclaré.

Dans son discours d’ouverture de la session, Tite Mund À Ngaand a ainsi insisté sur l’urgence de renforcer les infrastructures dans plusieurs secteurs, notamment la santé, les transports, la sécurité, ainsi que l’accès à l’eau et à l’électricité.

« Nous ne pouvons pas attendre qu’un autre drame survienne pour mesurer l’urgence de renforcer nos infrastructures de base. Cette circonstance malheureuse doit être pour nous un moment de recueillement, mais également de prise de conscience et d’interpellation. Nous rappelons respectueusement au gouvernement de la République que le Kwango, comme les autres provinces issues du démembrement, a besoin d’investissements conséquents dans les infrastructures essentielles », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter :

« Le drame que nous venons de vivre à Kenge doit nous rappeler que ces infrastructures ne sont pas un luxe ou un sujet de jeûne et prière. Elles constituent cependant une nécessité pour la sécurité, la dignité et la protection de nos populations. »

Selon les témoignages recueillis, l’avion accidenté aurait fait plusieurs tours dans les airs à Kenge avant de s’écraser dans une parcelle vide, dans une zone habitée. Il aurait fait des tours dans la quête désespérée de trouver un site aéroportuaire. À Kenge, l’aéroport a été désaffecté et les terrains occupés par des privés.

Le crash survenu vendredi 25 septembre à Kenge a fait 17 morts, dont 13 militaires et quatre civils, parmi lesquels un enfant. Le petit porteur, en provenance de Kikwit à destination de Kinshasa, a achevé son trajet dans la capitale du Kwango, dans des circonstances qui restent à élucider.

Les enquêtes qui se poursuivent ont déjà permis de retrouver la boîte noire de l’appareil. Les recherches tentent de retrouver les appareils cellulaires de certains occupants du vol.

Jonathan Mesa