La société civile du territoire de Fizi, dans la partie sud de la province du Sud-Kivu, dresse un tableau sombre de la situation humanitaire causée par les affrontements récurrents entre groupes armés.
Dans une correspondance intitulée « Les effets de la guerre dans les hauts et moyens plateaux de Fizi », elle souligne que plusieurs villages restent privés de cours depuis la rentrée scolaire, d’activités humanitaires et commerciales. Parmi les localités citées figurent Kanguli, Nakihele, Kilumbi, Point Zéro, Rugezi et Mukoko.
« On constate la non-effectivité de la rentrée scolaire dans certains villages, la suspension de l’assistance humanitaire par les organisations non gouvernementales suite à l’insécurité grandissante, l’arrêt des activités médicales, ainsi que des déplacements massifs de la population — 41 952 personnes regroupées en 8 618 ménages vivant dans des conditions d’extrême vulnérabilité sans accès à la nourriture, à l’eau potable, aux soins de santé primaires ni à la communication », indique la société civile de Fizi.
Dans cette correspondance signée par Maître Jacques Alimasi, président de la société civile du territoire, il est précisé que la situation humanitaire et sécuritaire demeure alarmante sur les hauts et moyens plateaux.
La zone est marquée par l’affrontement entre la coalition FARDC–forces burundaises–Wazalendo et celle de l’AFC/M23 Twirhaneho–Red Tabara. En août, l’équipe du mécanisme de vérification du cessez-le-feu s’est rendue à Minembwe, mais la société civile déplore que l’accord ne soit toujours pas respecté.
Elle considère la communauté internationale et ses partenaires comme témoins des violations des droits humains et du droit international humanitaire dont la population est victime.
Dans son plaidoyer, la société civile appelle les parties prenantes à respecter les instruments juridiques déjà signés et à privilégier des solutions pacifiques aux conflits qui ravagent l’Est de la RDC.