Invitée du Space live organisé lundi par Stanis Bujakera Tshiamala, Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains et haut cadre du Front Commun pour le Congo (FCC), est revenue en détail sur l'état actuel de cette plateforme créée par Joseph Kabila à la veille des élections de 2018.
Interrogée sur la question de savoir si le FCC demeure une force politique organisée ou une simple coquille vide, Marie-Ange Mushobekwa a fermement rejeté cette dernière hypothèse, arguant que sa propre présence en ligne pour en parler illustrait déjà la vitalité de la plateforme. Selon elle, le bureau politique du FCC continue de fonctionner normalement, malgré l'exil de plus de la moitié de ses cadres pour des raisons de sécurité. Les membres restés à Kinshasa, a-t-elle affirmé, poursuivent leurs activités en dépit des menaces qui pèseraient sur eux.
Elle a par ailleurs dénoncé ce qu'elle a qualifié de détentions illégales et tenues au secret visant plusieurs cadres du parti, citant nommément Emmanuel Ramazani Shadary, ancien vice-Premier ministre de l'Intérieur et ancien candidat à la présidentielle, ainsi que d'autres figures qu'elle a identifiées comme l'ancien président de l'Assemblée Nationale Aubin Minaku en plus de plusieurs camarades qu'elle dit détenus en province. Face à cette situation, le FCC se présente, selon elle, comme un mouvement engagé dans une résistance pacifique, déterminé à « barrer la route » à l'installation de ce qu'elle appelle une dictature de la pensée unique.
Concernant le nombre réel de membres actifs de la plateforme, une distinction a été établie entre la base militante et la direction politique. Interrogée sur le nombre de cadres encore actifs, en particulier ceux n'ayant pas rallié l'Union sacrée de la Nation au pouvoir, Marie-Ange Mushobekwa a évoqué des millions de sympathisants et militants répartis à travers l'ensemble des provinces de la RDC. S'agissant du bureau politique proprement dit, organe restreint composé des chefs des partis et regroupements politiques membres, ainsi que d'anciens responsables d'institutions de la République, elle a précisé qu'il compte actuellement 45 membres.
Interrogée enfin sur les liens entre le FCC et la plateforme Sauvons la RDC, également présidée par Joseph Kabila, Marie-Ange Mushobekwa a tenu à dissiper toute confusion. Selon elle, les deux structures fonctionnent de manière autonome et séparée : le FCC continue d'opérer à Kinshasa conformément à sa propre charte, tandis que Sauvons la RDC évolue indépendamment. Elle a toutefois précisé que l'ancien ministre Raymond Tshibanda, qu'elle a présenté comme représentant de l'autorité morale du FCC, Joseph Kabila, avait signé la charte de Sauvons la RDC au nom du FCC, établissant ainsi, de fait, un lien formel entre les deux plateformes, au-delà de leur fonctionnement institutionnel distinct.