La RDC veut désormais transformer les distinctions internationales de ses inventeurs en véritables opportunités économiques. Quatre innovateurs congolais, tous primés au concours international Belt and Road and BRICS, ont été reçus ce lundi par Justin Kalumba Mwana-Ngongo, ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME et ministre d’État ad intérim en charge de l’Industrie.
La performance congolaise n’est pas passée inaperçue. Face à des délégations venues notamment de Chine, de Russie, d’Inde, d’Indonésie, de Corée du Sud, d’Afrique du Sud, d’Égypte et du Maroc, les quatre inventions présentées par la RDC ont toutes été distinguées par le BRICS Excellence Award.

Une reconnaissance internationale qui, pour le gouvernement, doit désormais servir de tremplin à une nouvelle étape : celle de la protection, du financement et surtout de l’industrialisation des inventions congolaises.
Quatre inventions, un même défi : passer du prototype au marché
Reçue au cabinet du ministre, la délégation congolaise a profité de cette audience pour restituer son expérience et présenter les perspectives liées à ces distinctions. Pour le Dr Gracien Kibala Katanga, président et cofondateur d’OpenAfya SAS, les quatre lauréats ne sont que la partie visible d’un potentiel scientifique beaucoup plus important.
« Nous ne représentons qu’un échantillon des inventeurs, mais nous sommes autant au travers le pays », a-t-il déclaré.
Le scientifique affirme que la Société des génies scientifiques congolais regroupe plus de 1 000 inventeurs, présents en RDC comme dans la diaspora.
Un chiffre qui illustre, selon les acteurs du secteur, l’importance de mettre en place des mécanismes capables de faire émerger un véritable marché de l’innovation congolaise.
Justin Kalumba mise sur les brevets et le financement
Pour éviter que les inventions congolaises ne restent confinées aux laboratoires ou aux compétitions internationales, Justin Kalumba a annoncé un accompagnement portant sur plusieurs maillons essentiels de la chaîne de valeur.
Il s’agit notamment de la propriété intellectuelle, des brevets, du financement et de la valorisation industrielle. Le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) figure parmi les institutions appelées à contribuer à cet accompagnement.
Les inventeurs ont également reconnu l’appui déjà fourni par le ministère de l’Industrie à travers le Centre d’appui à la technologie et à l’innovation (CATI), ainsi que celui du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation à travers l’Incubateur du Génie scientifique congolais.
La Chine comme prochaine étape
Autre perspective annoncée lors de cette rencontre : une possible mission en Chine avec l’appui du gouvernement. L’objectif serait double : permettre aux inventeurs de recevoir officiellement leurs distinctions et certifications, mais également créer des passerelles avec des investisseurs susceptibles de financer et d’accompagner leurs projets.Pour les lauréats, cette perspective constitue une avancée importante.
« Il nous a promis un accompagnement en termes de financement avec les institutions compétentes, dont le FPI, et également de nous accompagner jusqu’à la valorisation industrielle et économique à travers la nation », a-t-il ajouté.
Le vrai défi commence maintenant
Si les quatre distinctions obtenues aux BRICS constituent une vitrine pour le savoir-faire congolais, elles posent aussi une question essentielle : que deviennent les inventions après les trophées ? Le défi est désormais de passer de la reconnaissance internationale à la production locale, de transformer les prototypes en produits accessibles et de faire de l’innovation un véritable levier de création d’emplois et de richesse.
L’enjeu dépasse donc les quatre lauréats. Il concerne tout un écosystème de scientifiques et d’inventeurs qui attendent désormais des financements, une meilleure protection de leurs créations et un accès réel aux marchés.
Pour la RDC, le prochain trophée ne devrait peut-être plus être seulement une médaille internationale, mais une invention congolaise produite à grande échelle, commercialisée et capable de créer des emplois sur le territoire national.