Le territoire de Popokabaka, dans la province du Kwango, ne s’est pas encore relevé, trois mois après l’évacuation des miliciens Mobondo qui occupaient certains villages où ils s’étaient retranchés, à la suite du conflit entre Teke et Yaka qui avait frappé le territoire de Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe.
L’économie des ménages reste à terre. Des gros et petits bétails, des champs ainsi que d’autres biens de la population ont été vandalisés. Des filles ont été violées et des parcelles expropriées. Ces faits ont notamment été enregistrés dans trois secteurs, dont celui de Lufuna. D’autres dégâts collatéraux ont également été enregistrés lors des affrontements avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Ces actes de tracasserie visant la population civile se sont également traduits par des extorsions de biens sur les routes. Après la reddition des miliciens, les familles victimes peinent toujours à se relever.
Le président du Cadre de concertation de la société civile de Popokabaka, qui livre ces informations, évoque une pauvreté totale qui frappe le territoire. Didier Mababeni plaide pour l’accélération du processus d’indemnisation des victimes afin de permettre le relèvement économique de cette entité.
« Le phénomène Mobondo a agenouillé la population du territoire de Popokabaka. On a eu des cas de viol, de vol, de destruction des biens, d’expropriation des terres et de bétails qui devenaient leur priorité, et vous n’avez nulle part où aller travailler. Il y a également eu des affrontements avec l’armée qui ont causé des dégâts à la population. Ça demande un véritable accompagnement, même sur le plan financier ou psychologique, pour qu’on oublie ce qu’on a perdu et qu’on puisse effacer les mauvais souvenirs », a déclaré Didier Mababeni, président du Cadre de concertation de la société civile locale.
Dans la mission catholique d’Ipongi, des barrières avaient été érigées par les miliciens en février 2024. Les activités champêtres avaient été perturbées par ces derniers, qui imposaient également des redevances aux usagers avant de les laisser passer.
Le 14 août 2024, une incursion des Mobondo à Ipongi avait fait une dizaine de morts. Des otages avaient été exécutés en dépit du couvre-feu décrété par le gouvernement provincial du Kwango en réponse à l’insécurité.
Pendant ce temps, le processus d’indemnisation est en cours dans l’Ouest du pays. Du 29 mars au 9 avril dernier, cinquante enquêteurs et superviseurs de la mission de documentation, de consultation et de mapping étaient dépêchés par le FONAREV dans la province du Kwango. C’était notamment pour l’identification des objets, des maisons et des écoles détruits par la milice Mobondo, ainsi que des fosses communes datant de l’entrée de l’AFDL en 1997, dans l’espoir d’une indemnisation prochaine.
Jonathan Mesa et James Mutuba