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Kwango: entre richesses culturelles et défis du quotidien, six choses à savoir sur le territoire de Popokabaka

Popokabaka

Dans la province du Kwango, au sud-ouest de la RDC, s’étend le territoire de Popokabaka. Créé autour des années 1910 par le chef Mawesi N'kuti, ce territoire compte aujourd’hui sa population autour de 285 585 habitants. En ce mois d'août 2026, ACTUALITÉ.CD s’y est rendu pour découvrir ce territoire aux multiples facettes. Voici six choses à savoir sur Popokabaka.

Un : une terre de savanes, de rivières et de villages anciens

Situé entre plusieurs reliefs, le long de la rivière Kwango et à proximité de la province du Kongo Central, faisant également frontière avec l’Angola, le territoire a longtemps constitué un espace de passage, d’échanges et de rencontres entre différents peuples d’Afrique centrale.

Deux : l’agriculture, la chasse et la pêche au cœur de la vie locale

L’agriculture, la chasse et la pêche, notamment dans la rivière Kwango, figurent parmi les principales activités de la population. Bien avant l’arrivée des Européens et la création de l’État moderne, la région était déjà habitée par des populations bantoues, notamment des groupes liés aux cultures Yaka, Suku et Mbala, installés dans les vallées fertiles et sur les plateaux. Les fruits de ces activités nourrissent le marché organisé chaque mercredi et samedi au chef-lieu du territoire.

Selon les récits transmis par les anciens, les premiers clans auraient privilégié les abords des cours d’eau, considérés comme des sources de vie, mais aussi comme des espaces symboliquement liés au monde des ancêtres et des esprits.

Trois : une organisation traditionnelle structurée autour de l’autorité coutumière

Dans la société traditionnelle de Popokabaka, la vie communautaire était organisée autour du chef coutumier. Gardien des terres, des traditions et des lois ancestrales, celui-ci jouait un rôle central dans la cohésion de la communauté.

Chaque clan disposait de son propre territoire, transmis de génération en génération. Le chef coutumier n’était pas uniquement une autorité politique ou administrative : il était également considéré comme un intermédiaire entre les vivants et les ancêtres. Pour les décisions importantes, il pouvait consulter les anciens et, selon les croyances traditionnelles, les devins afin de rechercher la volonté des esprits.

Quatre : un territoire confronté à plusieurs problèmes de santé publique

Popokabaka est confronté à d’importants défis sanitaires. Le territoire est actuellement touché par l'épidémie du choléra, alors que la menace de la rougeole, de la malnutrition, de la poliomyélite, la fièvre typhoïde, pèse encore sur la zone.

Cinq : un territoire où les services financiers et l’emploi restent limités

À Popokabaka, une importante partie de la population instruite travaille dans le secteur de l’éducation, notamment comme enseignants. Le territoire souffre également d’un faible accès aux services financiers. La cité ne dispose pas de banque, ce qui complique considérablement les opérations financières.

Pour de nombreux agents dont la rémunération dépend de Kinshasa, le versement des salaires peut ainsi prendre plusieurs mois. Certains doivent attendre deux, voire trois mois, avant de recevoir leur rémunération.

Six : Popokabaka, un territoire largement déconnecté

L’accès aux télécommunications et à Internet demeure particulièrement limité à Popokabaka. Une grande partie du territoire n’est pas couverte par les réseaux de téléphonie mobile, ce qui réduit fortement l’accès à Internet et aux services numériques.

Dans l’ensemble du territoire, le nombre d’antennes de télécommunication reste très faible. Le secteur de Lufuna, qui compte sept groupements, ne disposerait, par exemple, que d’une seule antenne de téléphonie mobile, exploitée par Orange et offrant une couverture 4G limitée.

À cette faible couverture numérique s’ajoute l’état très dégradé des infrastructures routières. Popokabaka, situé à plusieurs dizaines de kilomètres de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, reste difficilement accessible en raison de routes fortement délabrées.

James Mutuba 


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