Le projet du corridor de Lobito franchit une nouvelle étape avec la signature du contrat de concession et de la convention de collaboration entre la République démocratique du Congo (RDC) et Mota-Engil, bénéficiaire du soutien de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC). La cérémonie s’est tenue en présence du président de la RDC, Félix Tshisekedi, et du président angolais, João Lourenço, témoignant de l’importance régionale accordée à cette infrastructure destinée à renforcer les échanges entre l’Afrique centrale et l’autre rive de l’océan Atlantique.
L’investissement doit couvrir plusieurs composantes essentielles de la concession, notamment les études, la réhabilitation des infrastructures existantes, leur modernisation, l’extension éventuelle de la ligne, l’exploitation commerciale ainsi que la maintenance. Le projet prévoit également une période d’exploitation de 30 ans, à l’issue de laquelle les infrastructures seront transférées à l’État congolais, conformément aux conditions prévues dans le contrat.
Comme lors de l’approbation, en Conseil des ministres, de la convention du partenariat public-privé entre le gouvernement de la RDC et Mota-Engil, cette nouvelle avancée n’a, une fois de plus, pas laissé indifférent le gouvernement des États-Unis d’Amérique. Le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain s’est félicité de cette avancée, estimant que le corridor de Lobito ne constitue pas seulement un projet de transport. Selon Washington, il devrait contribuer à créer des emplois, à améliorer l’accès à l’énergie et à renforcer la connectivité de la RDC.
« Les États-Unis célèbrent la signature de l’accord de concession pour la portion congolaise du corridor de Lobito entre Mota-Engil, soutenu par la DFC, et le gouvernement de la République démocratique du Congo, en présence du président Tshisekedi et du président angolais Lourenço. Bien plus qu’une simple infrastructure, le corridor de Lobito apportera emplois, énergie et connectivité à la RDC, tout en garantissant l’accès à des minéraux essentiels qui renforceront les chaînes d’approvisionnement américaines et créeront des emplois aux États-Unis », le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain.
Pour les États-Unis d’Amérique, qui ont signé un accord de partenariat stratégique avec la République démocratique du Congo, ce projet au-delà d’être une infrastructure de transport devrait créer des emplois et stimuler de nouveaux investissements américains en RDC.
« Ce projet fondamental, inscrit dans le cadre de l’accord de partenariat stratégique États-Unis-RDC, stimulera de nouveaux investissements transparents des États-Unis et de leurs alliés en République démocratique du Congo », précise le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain.
Dans son discours lors de la signature dudit contrat, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, avait précisé l’un des éléments importants du montage contractuel : le partage des risques. Selon ses explications, le financement du projet ainsi que le risque lié au trafic seront assumés par le concessionnaire. Le chef de l’État a également mis en avant les intérêts financiers et institutionnels de l’État congolais dans la société de projet.
« Le financement du projet et le risque lié au trafic seront assumés par le concessionnaire, sans garantie souveraine, sans subvention d’exploitation et sans garantie de revenus minimums à la charge de la République. L’État bénéficiera, en outre, d’une participation d’au moins 10 % dans la société de projet, d’une représentation au sein de ses organes de gouvernance, ainsi que d’une redevance de concession équivalant à 7,5 % du chiffre d’affaires annuel brut », avait expliqué le président Félix Tshisekedi.
Cette nouvelle avancée s’inscrit dans la continuité des engagements pris à la suite de l’officialisation de l’Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Elle intervient après un tournant important dans les relations entre Kinshasa et Washington, marqué, le 4 décembre 2025, par la conclusion de plusieurs accords destinés à renforcer la coopération entre les deux pays.
Sur instruction du président Félix Tshisekedi, la RDC, représentée par le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, ainsi que par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait conclu avec les États-Unis une série d’accords structurants, notamment un Accord économique stratégique et un mémorandum d’entente dans le domaine de la sécurité. Ces engagements ont marqué une nouvelle étape dans le rapprochement entre Kinshasa et Washington et consacré l’ambition de bâtir un partenariat plus approfondi et durable.
Conclu dans un contexte international caractérisé par une course à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, l’Accord stratégique entre la RDC et les États-Unis ouvre la voie à une coopération de long terme autour des ressources stratégiques, des investissements, des infrastructures et de la transformation économique.
Clément MUAMBA