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« Fayulu devrait retirer ses propos » : Ruberwa détaille l'histoire et l'implantation des Banyamulenge et dénonce un discours « extrémiste » fondé sur le faciès

Martin Fayulu

Invité à revenir plus en détail sur l'histoire, la langue et l'implantation géographique de la communauté banyamulenge, Azarias Ruberwa a livré, lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala jeudi, une présentation approfondie de ce peuple, avant de durcir encore le ton à l'égard de Martin Fayulu, jugeant que ce dernier « devrait retirer ses propos » sous peine d'être « sévèrement jugé par l'histoire ».

Répondant à une question sur l'identité de cette communauté, Ruberwa a expliqué que les Banyamulenge sont installés au Congo depuis des siècles, notamment dans le Sud-Kivu, citant les territoires de Mwenga et de Fizi comme zones d'implantation historique. Il a renvoyé à l'enseignement scolaire congolais et aux ouvrages d'histoire des migrations.

L'ancien vice-président a ensuite élargi le débat à la question plus générale des origines et brassages de populations en Afrique centrale, estimant que s'interroger sur les origines lointaines de tel ou tel Congolais relève d'un « débat de bas niveau ». Il a pris l'exemple des populations du Kongo central, en contact historique avec les peuples de Brazzaville et d'Angola, ainsi que des Rwandais présents dans plusieurs pays de la région (Centrafrique, Tanzanie, Kenya, Burundi), pour illustrer que la circulation des peuples en Afrique ne remettrait pas en cause leur nationalité actuelle. Il a également cité, à titre de comparaison, l'ascendance allemande du grand-père de Donald Trump, sans que cela n'empêche ce dernier d'accéder à la présidence des États-Unis.

Ruberwa a rappelé que la question de l'appartenance nationale des Banyamulenge avait déjà été au cœur des négociations politiques congolaises passées, citant les pourparlers de Sun City et de Lusaka, ainsi que les travaux d'une commission d'enquête envoyée dans l'Est du pays vers la fin du régime Mobutu, dont il n'a pas souhaité détailler davantage la composition à l'antenne.

Il a par ailleurs affirmé que les critiques visant les Banyamulenge reposent, selon lui, sur des considérations physiques et non juridiques, évoquant une ressemblance phénotypique avec des populations tutsies présentes dans plusieurs pays voisins (Rwanda, Burundi, Tanzanie, Kenya). Pour Ruberwa, ce type de raisonnement s'apparente à un « discours extrémiste » et relève de ce qu'il a qualifié de propos « d'un homme qui manque de raison ».

Revenant sur la notion de nationalité, il a insisté sur sa dimension strictement juridique, un lien d'allégeance à l'État, et non ethnique ou physique. Il a interpellé Fayulu sur le sort des militaires, ministres et députés d'origine banyamulenge actuellement en fonction dans les institutions congolaises, y voyant une contradiction manifeste avec le discours contesté.

Ruberwa a conclu en qualifiant les propos de Fayulu d'« insulte au peuple banyamulenge », exigeant leur retrait pur et simple et avertissant que l'histoire « jugera sévèrement » l'auteur de ces déclarations s'il persiste.