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Kinshasa : l’alerte d’un cas suspect d’Ebola à Lemba invalidée après investigation 

Campagne de lutte contre Ebola

Alors que Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, reste parmi les provinces non touchées par la flambée actuelle de maladie à virus Ebola (MVE), une alerte concernant un cas suspect dans la commune de Lemba a récemment mobilisé les équipes de la Division provinciale de la Santé (DPS) de Kinshasa et du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP).

Après investigation, l’alerte a été invalidée et aucun lien épidémiologique avec la flambée de maladie à virus Ebola actuellement en cours en République démocratique du Congo n’a été établi. C’est ce qu’a révélé l’Institut National de Santé Publique (INSP).

Dans une publication faite sur son compte X ce mardi 18 août 2026, l’Institut National de Santé Publique, établissement public à caractère scientifique et technique ayant pour mission de mettre à la disposition des programmes, de la société civile et des décideurs l’information, les compétences et un cadre de riposte performant, rappelle une réalité essentielle en période d’épidémie : une alerte invalidée n’est pas une alerte inutile. Au contraire, son investigation permet de tester et de renforcer les mécanismes de surveillance et de réponse du système de santé.

"À l’issue de l’investigation et sur la base des informations disponibles, l’alerte a été invalidée. Aucun lien épidémiologique avec la flambée en cours n’a été établi", précise ce service rattaché au ministère de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale

Au-delà de l’invalidation, cette investigation a permis de renforcer la vigilance des équipes des Cliniques Universitaires de Kinshasa (CUK) sur des fonctions essentielles de la riposte :

🔹 surveillance épidémiologique ;

🔹 application des définitions de cas ;

🔹 triage et orientation des patients ;

🔹 notification précoce des alertes ;

🔹 prévention et contrôle des infections (PCI). 

Dans sa communication, l’INSP souligne également qu’« une alerte investiguée est une menace mieux maîtrisée », tout en rappelant que la détection précoce, l’investigation rapide et la rigueur dans l’application des mesures de prévention et de contrôle des infections restent au cœur de la préparation et de la réponse aux urgences sanitaires

La République démocratique du Congo fait ainsi face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, qui continue de progresser dans le pays avec six provinces déjà touchées. L’apparition de nouveaux cas dans plusieurs provinces a porté à six le nombre de zones provinciales affectées. Malgré l’expérience acquise par la RDC dans la gestion des précédentes flambées d’Ebola, la riposte reste confrontée à plusieurs obstacles, notamment dans les zones où les infrastructures sanitaires sont fragiles et où l’insécurité complique l’accès des équipes aux populations.

En Ituri, première province touchée et épicentre de l’épidémie, les mouvements de grève de certains prestataires engagés dans la riposte ont notamment perturbé certaines opérations. Les agents concernés dénoncent des retards dans le paiement de leurs primes ainsi que des conditions de travail difficiles. Des mouvements de grève ont notamment affecté des centres de traitement Ebola à Bunia. Les autorités gouvernementales ont reconnu les retards dans le paiement des primes et annoncé des mesures visant à régulariser la situation, notamment à travers la validation des listes du personnel et la digitalisation progressive du système de paiement.

À ces difficultés s’ajoute l’insécurité persistante dans plusieurs zones affectées. Les attaques contre certaines structures de santé et les déplacements de populations compliquent le travail des équipes chargées de la surveillance, de la recherche des contacts et de la prise en charge des malades. Cette situation est particulièrement préoccupante dans les zones de conflit de l’est du pays, où les mouvements de population peuvent favoriser la propagation du virus et rendre plus difficile le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.

Clément MUAMBA

 


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