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Ebola en RDC: au Sommet de la SADC, Cyril Ramaphosa appelle à renforcer la solidarité régionale, à concrétiser les promesses financières et à instaurer un cessez-le-feu pour faciliter la riposte

Cyril Ramaphosa s'exprimant à la 46e réunion du Sommet de la SADC

La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) tient, ce lundi 17 août 2026, son 46ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement au Centre international des conférences de Durban, en République d’Afrique du Sud. Le sommet est accueilli et présidé par Matamela Cyril Ramaphosa, Président de la République d’Afrique du Sud, en sa qualité de président de la SADC. 

À l’ouverture des assises, Cyril Ramaphosa est notamment revenu sur la situation sanitaire en République démocratique du Congo, confrontée à une épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo. En sa qualité de champion de l’Union africaine pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies, le président sud-africain a insisté sur la nécessité d’une réponse régionale coordonnée face à cette menace sanitaire.

Revenant sur l’importance de la coopération régionale, il a souligné que cette coopération constitue un élément essentiel du renforcement des capacités collectives de la SADC à prévenir les conflits, à soutenir la gouvernance démocratique et à faire face aux défis politiques, sécuritaires et sanitaires. À titre d’exemple, le président sud-africain a cité le rôle des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l’agence de santé publique de l’Union africaine, ainsi que celui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans le renforcement de la surveillance épidémiologique, de la préparation aux pandémies et des capacités sanitaires des États membres.

« Par l’intermédiaire des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies et de l’Organisation mondiale de la santé, nous renforçons la surveillance des maladies, la préparation aux pandémies et la sécurité sanitaire dans toute notre région. L'importance de cette cooperation est démontrée par l'épidémie dévastatrice d'Ebola causée par le virus Bundibugyo en République Démocratique du Congo " » a déclaré Cyril Ramaphosa.

Évoquant l’épidémie d’Ebola qui sévit en RDC, il a rappelé que celle-ci demeure une préoccupation majeure pour la région. L’épidémie, qui touche notamment les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uele, Bas-Uele et de la Tshopo, reste active dans plusieurs zones de santé.

« Derrière chaque chiffre se cache une vie humaine. Derrière chaque statistique se cache une famille en deuil, une communauté inquiète et un professionnel de santé qui met sa propre vie en danger pour sauver celle des autres », a-t-il ajouté dans son discours d’ouverture.

Il a salué le leadership du gouvernement de la RDC, d’Africa CDC et de l’Organisation mondiale de la santé, qui travaillent avec leurs partenaires régionaux et internationaux afin de coordonner la riposte.

« Mais l’épidémie continue de progresser plus vite que nos efforts. Nous devons faire plus et nous devons agir de toute urgence. Nous demandons un cessez-le-feu humanitaire immédiat dans les zones de conflit touchées et un accès humanitaire sûr et sécurisé afin que les agents de santé puissent atteindre chaque communauté affectée. Nous appelons toutes les parties à respecter les établissements de santé, le personnel de santé et les opérations humanitaires », a-t-il plaidé.

Alors que certains États ont adopté des mesures restrictives à l’égard des pays touchés par l’épidémie, le président sud-africain, en sa qualité de champion de l’Union africaine pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies, a appelé les gouvernements à éviter les restrictions qui ne seraient pas fondées sur des données scientifiques.

« Nous appelons les gouvernements à éviter toute restriction indiscriminée des voyages et du commerce à l’encontre des pays touchés. De telles restrictions ne sont pas étayées par des données de santé publique. Elles nuisent aux économies, perturbent les moyens de subsistance et peuvent encourager les déplacements via des points de passage frontaliers non contrôlés, rendant ainsi le confinement plus difficile. En tant que membres de la SADC, nous sommes solidaires de la République démocratique du Congo », a-t-il indiqué.

Poursuivant son intervention, Cyril Ramaphosa a estimé que les États membres de la SADC et d'autres blocs du monde devaient plutôt renforcer la surveillance épidémiologique et les capacités sanitaires, tout en veillant à ce que les engagements financiers pris pour soutenir la riposte soient effectivement honorés.

Selon lui, la protection du continent contre les épidémies ne peut se limiter à une réaction ponctuelle lorsqu’un foyer épidémique apparaît. Elle doit reposer sur des investissements durables dans la prévention, la surveillance et le renforcement des systèmes de santé.

«Nous devons renforcer la surveillance, les capacités des laboratoires, la coordination des urgences et la préparation clinique dans les États membres voisins et dans toute la région. Nous devons également veiller à ce que les promesses financières se traduisent d’urgence en ressources concrètes sur le terrain », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « Protéger l’Afrique des épidémies exige plus qu’une simple réaction lors de l’apparition de foyers épidémiques. Cela nécessite un investissement soutenu dans la prévention, la surveillance, des systèmes de santé résilients, la recherche et la production africaine de vaccins, de diagnostics et de médicaments. Il s’agit d’un test important de notre solidarité et de la détermination de l’Afrique à bâtir une plus grande souveraineté sanitaire».

La République démocratique du Congo fait ainsi face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, qui continue de progresser dans le pays. L’apparition de nouveaux cas dans plusieurs provinces a porté à six le nombre de zones provinciales affectées. Malgré l’expérience acquise par la RDC dans la gestion des précédentes flambées d’Ebola, la riposte reste confrontée à plusieurs obstacles, notamment dans les zones où les infrastructures sanitaires sont fragiles et où l’insécurité complique l’accès des équipes aux populations.

En Ituri, première province touchée et épicentre de l’épidémie, les mouvements de grève de certains prestataires engagés dans la riposte ont notamment perturbé certaines opérations. Les agents concernés dénoncent des retards dans le paiement de leurs primes ainsi que des conditions de travail difficiles. Des mouvements de grève ont notamment affecté des centres de traitement Ebola à Bunia. Les autorités gouvernementales ont reconnu les retards dans le paiement des primes et annoncé des mesures visant à régulariser la situation, notamment à travers la validation des listes du personnel et la digitalisation progressive du système de paiement.

À ces difficultés s’ajoute l’insécurité persistante dans plusieurs zones affectées. Les attaques contre certaines structures de santé et les déplacements de populations compliquent le travail des équipes chargées de la surveillance, de la recherche des contacts et de la prise en charge des malades. Cette situation est particulièrement préoccupante dans les zones de conflit de l’est du pays, où les mouvements de population peuvent favoriser la propagation du virus et rendre plus difficile le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.

Clément MUAMBA


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