L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) continue de prendre une ampleur particulièrement préoccupante, au regard de sa progression rapide, du nombre élevé de décès enregistrés et de cas confirmés. Déclarée le 15 mai 2026, cette nouvelle flambée, liée au virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, continue de progresser dans un contexte marqué par les conflits armés, les déplacements de populations et la fragilité des services de santé.
C’est dans ce contexte que Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a lancé un appel à l’accélération de la riposte. Se fondant sur les chiffres communiqués par ses collègues de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il alerte sur le rythme des décès liés à l’épidémie dans l’est de la RDC.
« Ebola progresse rapidement en République démocratique du Congo. Nous ne pouvons pas laisser le virus dépasser nos capacités de riposte. L’épidémie connaît la progression la plus rapide jamais enregistrée. Le Dr Tedros, de l’Organisation mondiale de la Santé, a averti qu’elle est en passe de devenir la plus meurtrière. L’épidémie tue une personne toutes les 30 minutes » a déclaré Tom Fletcher dans un message rendu public vendredi 14 août 2026.
En dépit de cette situation grave, qui intervient 90 jours, soit trois mois, après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en RDC, Tom Fletcher fait également état de certains progrès enregistrés depuis le déclenchement du renforcement collectif de l’aide humanitaire.
« Aujourd’hui, j’ai présidé une réunion d’urgence du Comité permanent interorganisations. Les responsables des plus grandes organisations humanitaires mondiales se sont engagés à intensifier considérablement notre riposte collective. Nous avons réalisé des progrès depuis le déclenchement du renforcement collectif de l’aide humanitaire début juin. Le leadership des agences dans la région est renforcé » a-t-il déclaré dans son message
Poursuivant son intervention, Tom Fletcher, Chef des opérations humanitaires des Nations Unies, appelle la communauté internationale à se mobiliser davantage face au nombre élevé de décès. Il estime qu’il est plus que jamais urgent de tout mettre en œuvre pour venir à bout de cette épidémie.
« Plus de 2 000 personnes sont déjà décédées. Beaucoup d’autres sont en danger. Le monde doit se réveiller et se mobiliser » a lancé le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Cette nouvelle interpellation intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, qui continue de sévir sur le sol congolais. Du 15 mai au 15 août 2026, soit trois mois après sa déclaration, l’apparition de nouveaux cas dans plusieurs provinces porte désormais à six le nombre de provinces touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uele et le Bas-Uele. Malgré l’expérience acquise lors des précédentes épidémies, la riposte en République démocratique du Congo reste confrontée à de nombreux obstacles.
En Ituri notamment, première province touchée et épicentre de la maladie, des mouvements de grève des prestataires et du personnel de santé ont perturbé certaines opérations. Les grévistes dénoncent des retards dans le paiement de leurs primes, des conditions de travail difficiles ainsi que le non-respect de plusieurs engagements pris à leur égard. De son côté, le gouvernement continue de se montrer optimiste quant à la possibilité de trouver des solutions à ces différentes préoccupations.
Si l’Ouganda, pays voisin de la province de l’Ituri, a à ce jour maîtrisé son épidémie, les difficultés relevées du côté de la RDC sont aggravées par une insécurité persistante dans plusieurs zones affectées, compliquant le déploiement des équipes sanitaires. Certains centres de traitement ont même été visés par des attaques de groupes armés, illustrant la complexité de la lutte contre cette nouvelle épidémie d’Ebola dans une partie du pays confrontée à des conflits armés et communautaires. Ces violences provoquent des déplacements de populations de plus en plus importants, rendant la situation humanitaire particulièrement préoccupante, dans un contexte marqué par la baisse des financements consacrés à l’aide humanitaire à travers le monde.
Clément MUAMBA