Deux ressortissants congolais, membres du cabinet du vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et anciens combattants de la RDC, Guy Kabombo Mwadiamvita, sont poursuivis par la justice sud-africaine après leur interpellation, samedi 15 août 2026, en marge du 46ᵉ sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), à Durban, en Afrique du Sud.
Selon les informations rapportées par les médias sud-africains, notamment SABC News, Tshibindi Mukendi et Tombisa Ngangu ont été interpellés dans le cadre du dispositif de sécurité déployé à Durban à l’occasion du 46ᵉ sommet de la SADC. Ils sont notamment soupçonnés de fraude et d’usurpation d’identité. Les deux hommes doivent rester en détention jusqu’au 24 août, date prévue pour l’examen de leur demande de mise en liberté sous caution.
Cette interpellation est intervenue dans un contexte de sécurité renforcée à Durban. Selon les médias sud-africains, les autorités avaient annoncé, plusieurs jours avant le sommet, la mise en place d’un important dispositif associant les forces de l’ordre, les services de renseignement et les services d’urgence afin d’assurer la sécurité des chefs d’État, des délégations et des autres participants.
Du côté congolais, la version des faits est différente. Des sources proches du cabinet du ministre de la Défense nationale affirment que les deux personnes concernées se trouvaient en Afrique du Sud dans le cadre d’une mission officielle destinée à accompagner le VPM Guy Kabombo au sommet de la SADC.
Au ministère de la Défense nationale et des anciens combattants, des sources se montrent optimistes quant à l’issue de cette affaire et mettent en avant le caractère légal de la mission de la délégation congolaise.
« Ils étaient en mission officielle pour accompagner le VPM à la SADC. Munis de leur ordre de mission, de leur carte de service et de leur passeport de service, il y a juste eu une confusion concernant les badges d’accès au sommet, à l’entrée de la salle. Au regard de la portée sécuritaire de la présence de plusieurs présidents sur place, voilà les raisons de leur interpellation. Le VPM et la MAE, qui étaient sur place, ont confirmé la légalité de leur présence sur le sol sud-africain. Tous les documents ont été transmis à la justice sud-africaine. Le MDNAC (ministère de la Défense nationale et des anciens combattants) a pris toutes les dispositions avec les avocats et suit de près le dossier », renseignent des sources proches du cabinet du ministre de la Défense.
Par la même occasion, l’ambassade de la République démocratique du Congo à Pretoria, en Afrique du Sud, précise que, dès qu’elle a été informée de la situation, elle a immédiatement entrepris les démarches nécessaires auprès du Department of International Relations and Cooperation (DIRCO), ainsi qu’auprès des autorités sud-africaines compétentes, afin de clarifier le statut des deux ressortissants congolais et de parvenir à un règlement rapide de la situation.
« L’Ambassade assure, à ce titre, leur protection ainsi que le suivi diplomatique et consulaire approprié de leur situation. Elle invite, par ailleurs, le public à la retenue, à la sérénité et à ne pas se fier aux rumeurs des réseaux sociaux, les démarches nécessaires étant actuellement menées par les voies diplomatiques appropriées », rassure le communiqué de l’ambassade de la RDC, partagé à la presse par les services du ministère de la Défense nationale.
Il sied de signaler qu’en dehors de ces deux Congolais, les médias sud-africains rapportent également qu’un ressortissant zimbabwéen a été arrêté plus tôt dans la semaine. Il est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir frauduleusement une accréditation en se présentant sous de faux prétextes liés au milieu artistique. Les autorités lui reprochent également un séjour illégal en Afrique du Sud.
À ces assises de la SADC, alors que le président Félix Tshisekedi était en séjour de travail en Tanzanie, c’est le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et anciens combattants, Guy Kabombo Mwadiamvita, qui a conduit la délégation congolaise aux travaux du sommet. Il était accompagné notamment de ses collègues du gouvernement en charge des Affaires étrangères et de l’Intégration régionale, ainsi que d’autres membres de la délégation congolaise.
Clément MUAMBA