Félix Tshisekedi,a annoncé dimanche qu’il s’adresserait prochainement à la Nation pour préciser les contours du dialogue national inclusif, au lendemain de la décision d’une coalition d’opposition de relancer ses actions de mobilisation.
Le chef de l’État a fait cette annonce à Libreville, au Gabon, lors d’un échange avec des membres de la diaspora congolaise, selon la présidence congolaise.
« Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a déclaré M. Tshisekedi, sans préciser, dans la communication de la présidence, la date de son adresse à la Nation ni les modalités du dialogue envisagé.
Cette annonce intervient au lendemain de l’échéance du 15 août que s’était fixée la Coalition Article 64 (C64), regroupant plusieurs figures de l’opposition, pour évaluer les avancées enregistrées depuis l’ouverture d’une séquence de discussions avec les Églises catholique et protestante.
Le 17 juillet, Félix Tshisekedi avait rencontré des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), engagés dans une démarche en faveur d’un dialogue entre Congolais.
À la suite de ces consultations, la C64 avait reporté une marche prévue le 22 juillet et décidé d’attendre jusqu’au 15 août pour évaluer les actes posés.
Plusieurs mesures ont depuis été présentées ou perçues comme des signes de décrispation, notamment la restitution de passeports à certains opposants et la demande de M. Tshisekedi d’une nouvelle délibération parlementaire du texte fixant les conditions d’organisation du référendum.
Mais réunie samedi, la C64 a jugé ces avancées insuffisantes. Elle considère notamment que le renvoi du texte référendaire au Parlement ne constitue ni son retrait ni une renonciation formelle à un éventuel projet de changement de Constitution.
La coalition a annoncé la reprise de ses actions de mobilisation et une marche pacifique nationale le 15 septembre, avec à Kinshasa une convergence prévue vers le Palais du Peuple.
Le gouvernement avait toutefois rejeté dès fin juillet l’idée que l’échéance du 15 août puisse s’imposer au chef de l’État.
Le 28 juillet, son porte-parole Patrick Muyaya avait confirmé que M. Tshisekedi entendait organiser le dialogue et prendre une ordonnance pour en fixer le cadre, tout en affirmant que « l’agenda du président de la République ne répond pas à une quelconque forme d’ultimatum ».
L’annonce faite dimanche à Libreville confirme ainsi que le chef de l’État maintient son projet de dialogue, alors que ses modalités, son calendrier et la participation des différentes forces politiques restent à préciser.