You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

Face à la progression d’Ebola en RDC, l’ONU débloque 30,5 millions de dollars supplémentaires 

Santé/Bunia/Ph.OMS

La situation épidémiologique en République démocratique du Congo (RDC) suscite une nouvelle alerte au sein du système des Nations Unies. Alors que l’épidémie de maladie à virus Ebola continue de progresser, trois mois après sa déclaration officielle, le 15 mai 2026, Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), appelle à renforcer rapidement la réponse internationale face à cette épidémie mortelle, dans une partie du pays déjà confrontée aux conflits armés et à l’insécurité.

Selon le responsable humanitaire des Nations Unies, la progression du virus met à rude épreuve les capacités de riposte déployées sur le terrain. Il décrit une situation qui exige une mobilisation beaucoup plus importante afin d’empêcher l’épidémie de prendre davantage d’ampleur.

Pour faire face à cette urgence, les Nations Unies annoncent le renforcement de leur dispositif de coordination, notamment avec la présence du Coordonnateur principal de l’ONU pour la réponse à Ebola en République démocratique du Congo (RDC), Julien Harneis. Tom Fletcher indique également que les donateurs internationaux ont déjà apporté un soutien financier important.

« Notre coordinateur principal pour Ebola est déployé afin de consolider la coordination, et les donateurs internationaux nous ont apporté un soutien de près de 300 millions de dollars américains » a-t-il fait savoir dans son discours rendu public samedi 14 août 2026.

Le responsable humanitaire de l’ONU annonce parallèlement une nouvelle contribution du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF).

« Aujourd’hui, j’alloue 30,5 millions de dollars supplémentaires provenant du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) des Nations Unies. Ce montant s’ajoute aux 24 millions de dollars déjà alloués à la République démocratique du Congo et à quatre pays voisins pour lutter contre l’épidémie » a-t-il déclaré dans son intervention.

Cette nouvelle enveloppe doit permettre de renforcer les opérations sanitaires et humanitaires, alors que les besoins augmentent dans les zones affectées. La réponse des Nations Unies doit également s’appuyer sur un renforcement des équipes présentes en première ligne.

« J’ai déployé aujourd’hui 20 personnes supplémentaires en première ligne. Mais c’est un signal d’alarme. Nous devons agir vite, à grande échelle et avec solidarité avant que ce virus ne prenne encore plus de retard » a-t-il ajouté 

Dans le même registre, le plan d’intensification de la riposte présenté par les Nations Unies repose sur plusieurs priorités. Il prévoit notamment une augmentation significative des capacités de prise en charge des malades, du suivi des contacts et de l’organisation des enterrements sécurisés.

« Notre plan d’intensification de la lutte contre Ebola est axé sur la protection des vies. Nous devons doubler le nombre d’équipes chargées d’assurer des funérailles dignes et sécurisées, tripler les capacités de traitement, améliorer le traçage des contacts et déployer davantage de gestionnaires expérimentés. Surtout, nous devons répondre aux besoins immenses en eau, en hygiène, en soins de santé et en autres services essentiels dans la région » a-t-il expliqué

Cette nouvelle interpellation intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, qui continue de sévir sur le sol congolais. Du 15 mai au 15 août 2026, soit trois mois après sa déclaration, l’apparition de nouveaux cas dans plusieurs provinces porte désormais à six le nombre de provinces touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uele et le Bas-Uele. Malgré l’expérience acquise lors des précédentes épidémies, la riposte en République démocratique du Congo reste confrontée à de nombreux obstacles. 

En Ituri notamment, première province touchée et épicentre de la maladie, des mouvements de grève des prestataires et du personnel de santé ont perturbé certaines opérations. Les grévistes dénoncent des retards dans le paiement de leurs primes, des conditions de travail difficiles ainsi que le non-respect de plusieurs engagements pris à leur égard. De son côté, le gouvernement continue de se montrer optimiste quant à la possibilité de trouver des solutions à ces différentes préoccupations.

Si l’Ouganda, pays voisin de la province de l’Ituri, a à ce jour maîtrisé son épidémie, les difficultés relevées du côté de la RDC sont aggravées par une insécurité persistante dans plusieurs zones affectées, compliquant le déploiement des équipes sanitaires. Certains centres de traitement ont même été visés par des attaques de groupes armés, illustrant la complexité de la lutte contre cette nouvelle épidémie d’Ebola dans une partie du pays confrontée à des conflits armés et communautaires. Ces violences provoquent des déplacements de populations de plus en plus importants, rendant la situation humanitaire particulièrement préoccupante, dans un contexte marqué par la baisse des financements consacrés à l’aide humanitaire à travers le monde.

Clément MUAMBA