L’épidémie d’Ebola s’est étendue au Bas-Uele, portant à six le nombre de provinces touchées, a annoncé jeudi le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, alors que la maladie continue de progresser dans le pays.
Selon Jean Kaseya, une personne partie d’Isiro, dans la province du Haut-Uele, s’est rendue dans le Bas-Uele avant de mourir à Buta, chef-lieu de cette province.
« Nous avons une sixième province, qui est le Bas-Uele », a-t-il déclaré lors d’un briefing consacré à l’évolution de l’épidémie.
L’épidémie, initialement concentrée dans une seule province, touche désormais six provinces et 54 zones de santé, selon les données présentées par Africa CDC.
Cette extension géographique intervient alors que le bilan dépasse les 4.000 cas et approche les 500 cas supplémentaires par rapport aux données présentées deux jours auparavant, selon Jean Kaseya, qui a également fait état de plus de 2.100 décès.
Le directeur général d’Africa CDC a toutefois appelé à la prudence sur ces chiffres. Selon lui, les études disponibles indiquent que l’épidémie aurait en réalité commencé autour de février, près de quatre mois avant sa déclaration.
« Nous n’avons aucune idée de ce qui s’est passé de février à mai », a-t-il déclaré. Les données actuellement présentées correspondent à ce qui a pu être documenté depuis mai, a-t-il précisé, ajoutant qu’Africa CDC ne pouvait pas assurer qu’elles reflétaient avec exactitude l’ampleur réelle de l’épidémie.
Il a notamment mis en avant l’importance de la transmission au niveau communautaire pour expliquer ces incertitudes.
Africa CDC a déclaré l’épidémie le 15 mai. Son directeur général a affirmé que l’organisation avait alors décidé de « prendre ses responsabilités », estimant qu’une décision devait être prise face à la situation observée.
Après douze semaines, la progression de l’épidémie était, selon les données présentées jeudi par Africa CDC, sept fois supérieure à celle observée au même stade lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, et cinq fois supérieure en termes de décès confirmés.
« Si nous n’arrêtons pas cette épidémie, elle pourrait durer plus d’un an. Elle sera la plus importante au monde », a averti M. Kaseya.