Une nouvelle attaque attribuée aux ADF a fait au moins 13 morts et provoqué l’enlèvement de 14 personnes à Banana École, dans le territoire de Mambasa (Ituri). L’ONGDH Protection Plus dénonce une nouvelle défaillance dans la protection des civils, alors qu’aucune réaction officielle des autorités n’était encore enregistrée après cette attaque.
La violence contre les populations civiles se poursuit dans le territoire de Mambasa. Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des ADF a été signalée vendredi 7 août 2026 vers 19 heures à Banana École, une localité située au PK20 de Mambasa-centre, dans le groupement Bapongomo, chefferie des Babila-Babombi.
Selon les informations de monitoring de l’ONGDH Protection Plus, les assaillants ont tué plusieurs civils et incendié une partie importante du village. Au moins 13 corps ont déjà été recensés. Deux véhicules auraient également été incendiés au cours de l’attaque.
Le bilan s'est toutefois alourdi samedi matin. Vers 6 heures, deux autres civils, présentés comme un homme et son épouse, auraient été enlevés par les assaillants, portant à 14 le nombre de personnes prises en otage, selon la même source. Le bilan humain pourrait encore évoluer en raison des difficultés d'accès à certaines zones.
Pour l'ONGDH Protection Plus, cette nouvelle attaque illustre surtout l'inefficacité des mécanismes de protection des civils malgré les alertes répétées lancées dans cette partie de Mambasa.
« Trop d’alertes ignorées, trop de vies perdues, trop de familles endeuillées. La population de Mambasa ne demande pas des promesses, elle demande une protection réelle et efficace », dénonce Me John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur et défenseur des droits humains au sein de Protection Plus.
L'organisation appelle les services de sécurité à procéder à une évaluation sérieuse de leurs dispositifs dans les groupements Bapongomo et Babombi, régulièrement confrontés aux attaques, enlèvements, incendies et déplacements de populations.
« Les services ayant la sécurité dans leurs attributions doivent s’auto-évaluer sérieusement, tirer les leçons des échecs constatés et, si nécessaire, repenser et adapter leurs stratégies de protection des civils », insiste l'ONGDH Protection Plus.
Cette attaque intervient dans un contexte marqué par une succession d'incursions attribuées aux ADF dans plusieurs entités de la chefferie de Babila-Babombi. Malgré les alertes des structures locales de monitoring et de défense des droits humains, la réaction officielle des autorités nationales et provinciales se fait toujours attendre.
Protection Plus demande ainsi aux autorités de faire de la protection des civils une priorité et de prendre des mesures urgentes pour sécuriser les populations, traquer les assaillants et empêcher de nouvelles attaques dans cette partie du territoire de Mambasa.
Freddy Upar, à Bunia