L'épidémie d'Ebola qui frappe l'est de la RDC est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays en nombre de cas, dépassant le bilan de la dixième flambée de 2018-2020, selon les dernières données officielles.
D'après le rapport de situation publié jeudi par le gouvernement congolais et l'Institut national de santé publique (INSP), arrêté au 29 juillet, l'épidémie totalise 3 532 cas confirmés dans cinq provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Le rapport fait également état de 1 556 décès parmi les cas confirmés, 626 guérisons, 807 patients en isolement ou hospitalisés, d'un taux de létalité de 44,1 % et d'un taux global de suivi des contacts de 78,7 %.
L'Ituri demeure la province la plus touchée avec 28 zones de santé affectées, devant le Nord-Kivu (11), le Haut-Uélé (5), la Tshopo (3) et le Sud-Kivu, où seule la zone de santé de Miti-Murhesa reste sous surveillance résiduelle après 63 jours sans nouveau cas confirmé.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la dixième flambée d'Ebola, déclarée le 1er août 2018 dans le Nord-Kivu avant de s'étendre à l'Ituri, s'était officiellement achevée le 25 juin 2020 après 22 mois. Elle avait enregistré 3 470 cas, 2 287 décès et 1 171 survivants, devenant alors la deuxième plus importante épidémie d'Ebola au monde après celle de l'Afrique de l'Ouest.
Le nouveau bilan dépasse désormais ce record national en nombre de cas confirmés. En revanche, le nombre de décès reste inférieur à celui enregistré lors de la dixième flambée.
Dans son dernier rapport, le gouvernement indique que les équipes de communication des risques et d'engagement communautaire poursuivent les activités de sensibilisation en Ituri, dans la Tshopo et le Haut-Uélé. Les autorités mettent également l'accent sur les dispositifs de contrôle aux points d'entrée, la promotion des cas de guérison afin de réduire la stigmatisation ainsi que le renforcement des mécanismes de prévention des abus et de protection des populations affectées.
Les autorités précisent enfin que les données restent susceptibles d'être révisées à la suite des opérations de nettoyage, de reclassification et d'harmonisation de la base de données DHIS2, notamment après l'harmonisation récente de onze décès dans la province du Nord-Kivu.