Le 28 juillet a été consacré à la célébration de la Journée mondiale contre l’hépatite, une occasion de sensibiliser les populations au dépistage et à la prévention de ces infections du foie, souvent silencieuses.
À l’occasion d’un atelier scientifique organisé en marge de cette célébration à Kinshasa, le Programme national de lutte contre les hépatites virales (PNLHV) a exprimé son inquiétude face à la prévalence de cette maladie en République démocratique du Congo, malgré les efforts consentis par le gouvernement pour la combattre.
« Les hépatites peuvent toucher tout le monde. À l’échelle mondiale, près de 350 millions de personnes vivent avec une hépatite virale. En RDC, entre 3 % et 10 % de la population est concernée, soit environ 12 millions de personnes, l’équivalent de la population de Kinshasa. Nous attendons une forte implication des autorités afin d’atteindre l’objectif d’élimination des hépatites d’ici à 2030 et de prévenir leurs principales complications, notamment la cirrhose et le cancer du foie », a déclaré le Dr Pascal Tshamala, directeur du PNLHV.
De son côté, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) plaide pour un meilleur accès aux services de dépistage et de prise en charge de l’hépatite.
« Beaucoup trop de personnes vivent encore avec une hépatite virale sans le savoir. Un diagnostic tardif les conduit souvent à consulter lorsque la maladie du foie est déjà à un stade avancé. Par ailleurs, l’accès au dépistage et au traitement demeure inégal, en particulier dans les communautés les plus défavorisées. Pour combler ces lacunes, les services de lutte contre l’hépatite doivent être intégrés aux soins de santé courants tout au long de la vie. L’intégration de la prévention, du dépistage et du traitement dans les soins de santé primaires rendra ces services plus accessibles et plus abordables. La poursuite des investissements dans la recherche et l’innovation permettra également d’élargir l’accès à de nouveaux outils de diagnostic et à de meilleurs traitements, notamment pour l’hépatite B et la co-infection par l’hépatite D », a indiqué le Dr René Nsamba, membre de l’OMS.
Cette journée scientifique a réuni des médecins, des chercheurs et des experts du secteur de la santé afin de réfléchir aux stratégies à mettre en œuvre pour renforcer la lutte contre les hépatites virales en République démocratique du Congo.
Pour l’édition 2026, le thème retenu est : « Hépatite : comprendre la maladie pour la vaincre ». Ce thème appelle à lever les obstacles qui freinent l’accès aux services de prévention, de dépistage et de traitement, notamment la stigmatisation, le manque d’information, les insuffisances des systèmes de santé et les inégalités persistantes dans l’accès aux soins.
Grâce GUKA