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RDC : la carte des feux de la NASA alimente des interprétations trompeuses, liées aux pratiques agricoles

Carte des feux dans le monde le 29 juillet 2026, selon la plateforme FIRMS - Capture d'écran FIRMS / NASA

Des captures d'écran de la plateforme satellitaire FIRMS de la NASA, montrant une forte concentration de points rouges en Afrique centrale et australe, circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, où certains internautes affirment que « l'Afrique brûle sans que personne n'en parle ». 

La plateforme FIRMS (Fire Information for Resource Management System), développée par la NASA à partir des satellites MODIS et VIIRS, détecte des « anomalies thermiques » et non uniquement des incendies. Ces anomalies peuvent être liées à des feux, mais aussi à des activités agricoles ou à d'autres sources de chaleur. Chaque détection est représentée par un pixel de taille identique, quelle que soit la superficie réelle du foyer, ce qui peut donner l'impression qu'une région entière est en feu lorsque de nombreux points sont concentrés sur une même zone.

Les foyers observés actuellement en Afrique centrale correspondent principalement à des feux agricoles volontaires pratiqués durant la saison sèche. Cette technique, appelée agriculture sur brûlis ou agriculture itinérante sur brûlis, consiste à couper la végétation, la laisser sécher puis la brûler afin de préparer les parcelles agricoles. Les cendres servent ensuite d'engrais naturel avant les cultures.

Ces foyers sont généralement de petite taille, souvent inférieurs à un demi-hectare, mais des millions d'agriculteurs les allument simultanément sur une vaste partie de l'Afrique centrale et australe. Leur accumulation produit la large tache rouge visible sur les cartes de la NASA.

Les pays concernés comprennent notamment la République démocratique du Congo, l'Angola, la Zambie, la Tanzanie, le Malawi, le Mozambique ou encore Madagascar, relèvent RFI et Le Télégramme.

Ces pratiques ne sont pas sans effets sur l'environnement. Selon Global Forest Review, l'agriculture demeurait en 2025 la principale cause de la perte de forêts dans le monde.

La revue scientifique VertigO indique que la RDC a perdu plus de 7,5 millions d'hectares de forêt primaire entre 2002 et 2024 et présente l'agriculture sur brûlis comme la principale menace pour les forêts du bassin du Congo.

Les données de Global Forest Watch montrent qu'entre 2001 et 2025 la RDC a perdu environ 8 millions d'hectares de forêts primaires humides, soit 37 % de l'ensemble de ses pertes de couverture arborée sur cette période. Elles indiquent également que l'agriculture itinérante constitue le principal facteur de perte de couverture arborée devant les feux de forêt.

Toujours selon Global Forest Watch, la haute saison des alertes incendie en RDC débute généralement fin mai et dure environ quinze semaines. Entre le 28 juillet 2025 et le 27 juillet 2026, 108 185 alertes VIIRS jugées fiables ont été enregistrées, un niveau considéré comme normal par rapport aux années précédentes. Depuis le début de l'année 2026, 49 086 alertes avaient été recensées au 27 juillet, un total inférieur aux années antérieures, le record ayant été atteint en 2016 avec 124 106 alertes.