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Campus Mbongi 2026: un chercheur de l'ICCN appelle à adapter le modèle amazonien au Bassin du Congo

Muyisa Kapitula à la deuxième édition du Campus Mbongi à Libreville

La ville de Libreville, au Gabon, accueille du lundi 27 juillet au samedi 8 août 2026 la deuxième édition du Campus Mbongi, l'école d'été internationale de la CEEAC (Communauté économique des États de l'Afrique centrale), organisée avec comme thème : « Langues, savoirs endogènes et écologie ». Cet événement réunit quarante jeunes chercheurs issus des 11 États membres de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale.

Ces assises ont pour objectif de favoriser les échanges scientifiques, de rapprocher les peuples et les cultures, ainsi que de mettre en valeur les contributions de l'Afrique centrale dans les domaines de la recherche, de la biodiversité et des savoirs traditionnels. La République démocratique du Congo y est représentée par Muyisa Kapitula Kapson, chercheur à l'Institut panafricain Cardinal Martino (IPCM) et agent public à l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

À l'issue des premières activités, le chercheur congolais s'est dit satisfait de représenter son pays dans ce qu'il considère comme une initiative déterminante pour l'avenir de la conservation en Afrique centrale. Selon lui, ce Campus marque un tournant majeur dans la réflexion sur la préservation des écosystèmes de la région.

S'inspirer de l'expérience du Brésil et de la Guyane pour le Bassin du Congo

Pour Muyisa Kapitula Kapson, la principale plus-value du Campus Mbongi réside dans le partage d'expériences entre chercheurs de différentes régions du monde. Il estime que les pays du Bassin du Congo gagneraient à s'inspirer des modèles de coopération déjà mis en œuvre ailleurs.

« Nous avons échangé avec des chercheurs venus du Brésil, de France et de Guyane française. Ils ont déjà mis en place des initiatives conjointes pour la gestion du Bassin de l'Amazonie. C'est un modèle qui fonctionne. Je pense que les pays du Bassin du Congo peuvent s'en inspirer pour harmoniser leurs politiques de conservation », a-t-il déclaré.

Pour le chercheur congolais, cette vision ne devrait pas se limiter à l'espace de la CEEAC. Il plaide pour une coopération élargie entre les grands bassins hydrographiques du monde afin de préserver les écosystèmes planétaires.

« Au-delà de la CEEAC, pourquoi ne pas envisager, un jour, un partenariat entre l'Organisation du Bassin du Congo et celle du Bassin du Nil ? L'enjeu est de protéger ensemble les grands écosystèmes mondiaux », a-t-il ajouté. 

Une ouverture à double portée : scientifique et professionnelle

Poursuivant son intervention, Muyisa Kapitula Kapson a affirmé que, au-delà des connaissances théoriques acquises, ce séjour à Libreville représente une opportunité majeure d'élargir ses perspectives scientifiques et professionnelles.

« Grâce aux contacts noués avec des experts du Gabon, du Cameroun, du Congo, du Brésil et de Guyane française, de nouvelles perspectives s'ouvrent. Je peux désormais envisager de poursuivre mes recherches soit dans d'autres pays de la CEEAC, soit au Brésil, soit en Guyane française », s'est-il réjoui.

Par ailleurs, le chercheur a exprimé sa profonde gratitude à toutes les personnes ayant contribué à la réalisation de cette mission. Il a cité en premier le Directeur général de l'ICCN, M. Milan Ngangay, « grâce à la signature duquel j'ai pu quitter le territoire national ». Il a également remercié le Général-major Massi Bamba Albert, commandant du CORPPN, pour « sa volonté de promouvoir l'apprentissage des jeunes chercheurs et scientifiques », ainsi que le Commandant Kisuki Math Benoît, commandant adjoint chargé de l'administration, de la logistique et des finances du CORPPN, pour « son encadrement à la fois scientifique et professionnel ».

Sur le plan académique, ses remerciements vont au professeur Kakule Viakuno Emmanuel, de l'Institut panafricain Cardinal Martino, pour son encadrement ; au professeur Roger Mwana Wavene, président de la Communauté Nande à Kinshasa, pour « l'ouverture de sa raison scientifique » ; ainsi qu'au professeur Mungu Ina Daouda, coordonnateur international du réseau BANTU PHONIE, pour sa vision. Il a également adressé une mention spéciale à M. Agyune Fabrice, pour « m'avoir sélectionné comme seul chercheur de la RDC parmi tant d'autres candidats », ainsi qu'à Mme Mboumba Mbetty Aude, pour « son cœur de mère, son soutien, ses encouragements et sa patience depuis le début du processus de sélection ».

Le chercheur n'a pas oublié d'exprimer sa reconnaissance à Mme Katungu Furaha Cathy, ministre honoraire de la Culture, des Arts et du Patrimoine, qu'il présente comme « sa mère et encadrante de chaque jour », ainsi qu'à « tous les autres héros dans l'ombre ». En retour, il promet de faire rayonner cette vision :

« Cette confiance me pousse moralement à devenir l'ambassadeur de la vision BANTU PHONIE en RDC et partout où mes recherches scientifiques pourront me conduire », a-t-il affirmé 

La deuxième édition du Campus Mbongi, organisée en 2026 dans le cadre du partenariat entre la CEEAC et ses partenaires, s'inscrit dans une dynamique de valorisation des savoirs endogènes en Afrique centrale. À travers cette initiative, les organisateurs souhaitent redonner toute leur place aux connaissances ancestrales liées à la biodiversité et aux pratiques écologiques traditionnelles, longtemps reléguées au second plan au profit de modèles venus d'ailleurs.

L'objectif est de favoriser un dialogue fécond entre ces savoirs locaux et les sciences modernes, dans une approche qui reconnaît la valeur des communautés détentrices de ce patrimoine immatériel et contribue à sa préservation. Le Campus Mbongi poursuit ainsi trois ambitions majeures : créer des passerelles entre les différents systèmes de connaissances, assurer la transmission des savoirs traditionnels en lien avec la biodiversité et encourager une collaboration étroite entre les sciences humaines et les sciences de la nature autour des enjeux environnementaux.

Par cette initiative, la CEEAC entend faire des langues, des sciences et des savoirs endogènes des leviers stratégiques de l'intégration régionale, aux côtés de l'éducation, de la recherche et de la coopération culturelle en Afrique centrale.