You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Catégorie

Ituri : plus de 25 civils tués en moins de 48 heures dans des attaques attribuées aux ADF à Mambasa

Tombe d'une victime d'attaque des ADF à Beni

La situation sécuritaire continue de se dégrader dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Au moins 27 civils auraient été tués en l'espace de 48 heures dans plusieurs attaques attribuées aux rebelles des ADF dans la chefferie de Babila Babombi, selon l'ONG APDEF. La persistance de ces violences alimente une vive psychose parmi les habitants et fait craindre une rupture de confiance entre la population et les services de sécurité.

La dernière série d'attaques a été signalée le jeudi 23 juillet dans plusieurs localités du territoire de Mambasa. Les assaillants sont notamment signalés dans le groupement Bangole, où des civils ont été tués dans différentes incursions.

Selon les informations recueillies auprès des acteurs locaux, au moins neuf personnes ont été tuées dans les attaques les plus récentes, tandis que plusieurs autres civils restent portés disparus. Les recherches se poursuivent afin de déterminer l'ampleur exacte du bilan.

Ces violences interviennent quelques jours seulement après d'autres attaques attribuées aux ADF dans la même zone, notamment sur l'axe Nziapanda et ses environs.

Pour Rams Malikidogo, représentant de l'Action pour la protection des droits humains et la défense des familles (APDEF) à Mambasa, l'ampleur des attaques traduit une situation devenue particulièrement préoccupante dans la chefferie de Babila Babombi.

«Avec les multiples attaques menées par les ADF dans la chefferie de Babila Babombi en territoire de Mambasa et après l'attaque du mercredi passé qui avait ciblé Nziapanda et ses environs, l'ennemi a encore attaqué. Le jeudi, il a attaqué Matete, il avait attaqué aussi Masia. Il a attaqué hier dans la soirée, il a attaqué Kaza-Roho à l'ouest de Lukaya, dans le groupement Bangole, village Bandibwaku, où il a tué 5 civils. Il a tué aussi 2 civils à Makonga, toujours dans le groupement Bangole, là c'est à l'ouest toujours de Lukaya », a-t-il dit.

Et d’ajouter : 

« Déjà dans l'espace de moins de 48 heures, au moins 27 civils viennent d'être tués, que nous avons perdus par dans ces différentes attaques. Malheureusement, aucun ADF n'a été neutralisé jusqu'à présent. C'est vraiment regrettable. Et déjà, il y a crise de confiance entre la population et l'appareil sécuritaire, parce que en effet, on ne fait que seulement perdre les vies humaines. La crise de confiance s'est déjà installée, et la population commence déjà à assimiler certaines personnes par justice populaire. Il y a déjà deux personnes qui ont été lynchées à Lukaya par justice populaire, vu que la confiance n'est plus entre la population et les services de sécurité. Nous pensons que l'État doit nécessairement prendre ses responsabilités pour imposer la paix. On ne doit pas négocier la paix, l'État doit nécessairement imposer la paix, et la population n'a besoin rien que de la paix ».

Au-delà du bilan humain, l'activiste alerte ainsi sur les conséquences de la dégradation sécuritaire sur les relations entre les populations et les forces de défense et de sécurité. Selon lui, le sentiment d'abandon et l'absence de résultats visibles face aux incursions armées favorisent désormais des réactions de justice populaire.

Deux personnes auraient déjà été lynchées à Lukaya, dans ce contexte de méfiance croissante. Une situation qui inquiète les acteurs de la société civile, qui redoutent une multiplication des actes de représailles et d'accusations arbitraires.

La situation affecte également les déplacements sur la Route nationale numéro 44 (RN44), notamment sur le tronçon Makumo-Makeke.

La persistance des attaques attribuées aux ADF entretient une forte psychose parmi les usagers et les populations vivant le long de cet axe. Les habitants réclament un renforcement de la présence militaire ainsi que des opérations de ratissage susceptibles de permettre aux populations de circuler et de vaquer normalement à leurs activités.

Pour la société civile, l'urgence est désormais de restaurer la sécurité et la confiance. Elle appelle les autorités à adapter les dispositifs sécuritaires à la mobilité des groupes armés et à renforcer la protection des civils dans les zones régulièrement ciblées.

Dans cette partie de l'Ituri, la répétition des attaques fait également peser un risque supplémentaire sur les activités économiques et les mouvements des populations, alors que plusieurs axes routiers demeurent essentiels pour relier les différentes agglomérations de Mambasa.

Freddy Upar, à Bunia