À Walikale, Jane Goodall Institute (JGI), en partenariat avec CEFLEDD/ACCB, a lancé, jeudi 23 juillet 2026, une vaste campagne de sensibilisation et de plaidoyer en faveur d'un accès plus équitable des femmes à la propriété foncière. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du projet « Femmes en Action » et vise à renforcer la connaissance des droits fonciers des femmes tout en encourageant un changement progressif des pratiques coutumières encore défavorables à leur égard.
Placée sous le thème « Les droits d'accès des femmes à la propriété foncière : un levier pour l'égalité, l'autonomisation et la résilience climatique », cette campagne cible les autorités coutumières, les leaders communautaires, les organisations de la société civile ainsi que les populations locales. Pendant plusieurs jours, des émissions radiophoniques, des conférences de presse et des dialogues communautaires seront organisés afin d'expliquer les dispositions légales qui garantissent l'égalité entre les femmes et les hommes en matière d'accès à la terre.
Dans le territoire de Walikale, comme dans plusieurs zones rurales de la RDC, la terre demeure la principale source de revenus pour les ménages. Pourtant, des nombreuses femmes continuent d'être privées du droit d'hériter ou de posséder des terres en raison de certaines pratiques coutumières. Cette situation limite leur autonomie économique, réduit leur capacité de production agricole et fragilise davantage les familles.
Pour Gédéon Bakerethi, coordonnateur terrain du projet Femmes en Action au Jane Goodall Institute de Walikale, garantir aux femmes un accès sécurisé à la terre constitue un investissement dans le développement local.
"Lorsque les femmes disposent de terres qu'elles peuvent exploiter durablement, elles investissent davantage dans la production agricole, améliorent les conditions de vie de leurs familles et participent activement au développement économique de leurs communautés", explique-t-il.
Selon lui, l'accès des femmes à la propriété foncière représente également un outil efficace pour renforcer la sécurité alimentaire et améliorer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique.
Au cours des échanges, plusieurs femmes ont partagé leurs expériences. Certaines affirment cultiver depuis des nombreuses années des terres appartenant à leurs familles ou à leurs maris, sans jamais disposer d'un véritable droit de propriété.
"Nous travaillons chaque jour dans les champs, mais lorsqu'il s'agit de partager un héritage ou de décider de l'utilisation des terres, notre voix est rarement prise en compte. Pourtant, nous contribuons largement à nourrir nos familles", a témoigné une participante.
Une autre femme estime que la reconnaissance des droits fonciers des femmes contribuerait à réduire la pauvreté.
"Si une femme possède une terre en son nom, elle peut investir sereinement, produire davantage et assurer l'avenir de ses enfants. Ce n'est pas un privilège, c'est un droit", a-t-elle déclaré.
Les organisateurs insistent sur le fait que reconnaître les droits fonciers des femmes ne signifie pas retirer des droits aux hommes. Il s'agit plutôt de promouvoir une gestion plus inclusive des ressources foncières, de prévenir les conflits liés à l'héritage et de favoriser un développement durable au bénéfice de toute la communauté.
À travers cette campagne, Jane Goodall Institute et ses partenaires invitent les autorités coutumières, les parents, les hommes, les femmes et les jeunes à engager un dialogue ouvert afin de faire évoluer les mentalités et de promouvoir des pratiques foncières conformes à la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi qu'aux engagements nationaux en faveur de l'égalité des genres.
Pour les initiateurs du projet, l'autonomisation économique des femmes passe inévitablement par un accès équitable à la terre, ressource essentielle pour la production agricole, la sécurité alimentaire et le développement des communautés rurales de Walikale.