La Coalition Article 64 (C64) a formellement notifié au gouverneur de la ville de Kinshasa l'organisation d'une manifestation pacifique le mercredi 22 juillet, selon une lettre d'information adressée le 4 juillet et dont une copie a été transmise au vice-premier ministre de l'Intérieur, au commissaire provincial de la police, à l'administrateur général de l'Agence nationale de renseignements ainsi qu'aux bourgmestres des dix communes concernées.
Le document, signé par les présidents et responsables de cinq partis d'opposition, Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol), invoque l'article 26 de la Constitution garantissant la liberté de manifestation pacifique.
Il précise que l'objectif est d'exprimer l'attachement des citoyens au respect de la Constitution, à la défense de l'État de droit et à la préservation de l'ordre constitutionnel, ainsi que de remettre un mémorandum au président de la République.
Selon l'annexe jointe à la lettre, les participants convergeront vers le Palais de la Nation à partir de 9 heures, en empruntant des itinéraires distincts selon leur district de provenance, Tshangu, Mont-Amba, Funa et Lukunga, avant de se rassembler pour un sit-in pacifique.
Les organisateurs assurent vouloir encadrer eux-mêmes le déroulement du cortège afin de garantir la fluidité de la circulation et le caractère pacifique du rassemblement, et demandent aux autorités de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des participants.
Cette mobilisation, initialement prévue début juillet puis reportée après une médiation régionale, intervient dans un climat de fortes tensions politiques autour d'un projet de changement constitutionnel que l'opposition accuse le pouvoir de vouloir utiliser pour lever la limitation des mandats présidentiels. Le choix de la même date par la plateforme présidentielle Union sacrée de la Nation pour une contre-mobilisation, ainsi que les divisions internes qu'elle suscite au sein de la majorité, fait craindre un risque d'escalade lors de cette journée présentée par les deux camps comme un test politique majeur.