Les cardinaux, archevêques et évêques membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) ont exprimé, à l’issue de l’Assemblée plénière extraordinaire tenue à Kinshasa du 18 au 20 juin 2026, leur préoccupation face à la situation sanitaire qui prévaut dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans leur message lu devant la presse par Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, les prélats rappellent que, parallèlement aux défis sécuritaires et politiques auxquels le pays est confronté, la maladie à virus Ebola continue de représenter une menace importante.
"Toujours à l’Est du pays, la maladie à virus Ebola fait des victimes avec le risque d’extension si elle n’est pas bien gérée", soulignent-ils dans leur déclaration
Pour la CENCO, les tensions sociopolitiques actuelles ne doivent pas détourner l’attention de cette urgence sanitaire. Ils appellent ainsi la population à adopter des comportements responsables en respectant les mesures de prévention.
"Aussi, dans ce contexte d’agitation sociopolitique, qui risque de détourner notre attention des enjeux de notre société, ne perdons pas de vue que la maladie à virus Ebola est un danger pour tous. Il est important que chacun se comporte de façon responsable en respectant les gestes barrières", insistent-ils.
Dans leur message, les évêques adressent également leur compassion aux familles touchées par l’épidémie. "En présentant nos condoléances aux familles éprouvées, nous exprimons notre sollicitude paternelle" Ont-ils déclaré dans leur message
La CENCO rend par ailleurs hommage au personnel engagé dans la riposte contre Ebola. Elle exprime sa " gratitude au personnel soignant et aux volontaires engagés dans la lutte contre cette épidémie, en collaboration avec le Gouvernement et les organisations internationales, tout comme celles locales, dont nous apprécions l’aide".
En date du 17 mai 2026, soit deux jours après la déclaration officielle de l'épidémie en République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo, qui s'est propagé de la RDC vers l'Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC).
Selon l'OMS, l'épidémie a connu une expansion géographique importante et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l'insuffisance des infrastructures sanitaires ainsi que les difficultés d'accès à certaines zones touchées par les conflits.
À ces défis s'ajoute l'absence, à ce jour, de vaccin homologué et de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Malgré ce contexte préoccupant, les autorités congolaises demeurent optimistes et s'appuient sur l'expérience acquise lors des seize précédentes épidémies d'Ebola que le pays est parvenu à maîtriser.
Clément MUAMBA