Dans l’objectif de lutter contre la désinformation, l’infodémie et les nombreuses rumeurs qui circulent depuis l’apparition de la 17ᵉ épidémie de la Maladie à Virus Ebola (MVE), cinq organisations engagées dans les domaines des médias, de la communication et de l’engagement communautaire ont mis en place une alliance dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon un communiqué du consortium « Vérifier Pour Sauver », la circulation de rumeurs, de fausses informations et de discours non vérifiés constitue une menace susceptible de fragiliser les efforts de prévention et de riposte contre Ebola, en freinant l’adoption des mesures sanitaires et en alimentant la méfiance au sein des communautés.
Cette alliance réunit Eleza Fact, Nyiragongo Ngoma Production, Afia-Amani Grands-Lacs Media, Soma Media Lab ainsi que le Collectif des Radios Communautaires et de Proximité de l’Ituri (CORACOPI). Ensemble, ces organisations visent à renforcer l’accès à une information fiable, à lutter contre le désordre informationnel lié à Ebola et à contribuer à la restauration de la confiance entre les communautés et les acteurs de la riposte sanitaire.
"Depuis les précédentes épidémies d’Ebola, l’expérience a montré que les rumeurs, les théories du complot et les informations non vérifiées peuvent freiner l’adoption des mesures de prévention, alimenter la méfiance et exposer davantage les populations aux risques sanitaires.
Dans un contexte où les réseaux sociaux accélèrent la circulation de l’information, la lutte contre l’épidémie passe également par la protection de l’espace informationnel.
À travers le projet « Vérifier Pour Sauver », le consortium mettra en œuvre une réponse coordonnée combinant surveillance des rumeurs, vérification des faits, production de contenus pédagogiques, éducation aux médias et à l’information, mobilisation communautaire et diffusion d’informations fiables à travers les médias traditionnels et les plateformes numériques.", peut-on lire dans le communiqué.
Le consortium prévoit une réponse coordonnée combinant la surveillance des rumeurs, la vérification des faits, la production de contenus pédagogiques, l’éducation aux médias et à l’information, la mobilisation communautaire ainsi que la diffusion d’informations fiables à travers les médias traditionnels et les plateformes numériques.
Selon le communiqué du consortium, l’initiative entend s’appuyer sur les radios communautaires, les médias locaux, les réseaux de jeunes, les leaders communautaires, les influenceurs et les acteurs de terrain afin de détecter rapidement les fausses informations, de comprendre les préoccupations des populations et d’apporter des réponses adaptées aux réalités locales.
« Dans une crise sanitaire, la confiance est aussi importante que les médicaments. Lorsqu’une rumeur se propage plus vite qu’une information vérifiée, elle peut compromettre les efforts de toute une communauté. Comme la désinformation s’organise, les acteurs doivent être organisés aussi. À travers ce consortium, nous voulons contribuer à faire de l’information fiable un outil de protection et de résilience pour les populations », déclarent les membres du consortium.
Au cours de sa première phase d’intervention, le consortium prévoit le déploiement d’un système de veille communautaire et numérique dans plusieurs zones prioritaires de l’Est du pays, la formation de plus de cent jeunes et acteurs communautaires, la production de contenus multilingues de sensibilisation ainsi que le renforcement des capacités des professionnels des médias impliqués dans la couverture des questions sanitaires.
Josué Mutanava, à Goma