À Bunia, dans la province de l’Ituri, la flambée de la maladie à virus Ebola a entraîné un renforcement rapide des capacités de prise en charge. En réponse à l’augmentation des besoins, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont étendu le Centre de traitement Ebola (CTE) Elikia, dont la capacité est passée de 38 à 70 lits en quelques jours.
Cette extension permet d’accueillir davantage de patients et d’assurer une prise en charge rapide et adaptée, tout en appuyant les efforts des autorités sanitaires engagées dans la lutte contre l’épidémie. Le dispositif a été renforcé par des aménagements temporaires destinés à faire face à l’engorgement du centre, notamment l’installation d’une tente supplémentaire d’une capacité de huit patients. Les cas confirmés sont progressivement transférés vers une nouvelle zone en cours de préparation.
Au moment du renforcement des capacités, le centre enregistrait plusieurs dizaines de patients suspects ainsi que des cas confirmés, justifiant l’accélération des travaux d’extension. Une augmentation supplémentaire, pouvant porter le nombre total de lits à plus de 100, reste envisageable en fonction de l’évolution des besoins.
« Face à l’engorgement, nous avons dû installer une tente d’une capacité de huit patients, prise en charge par le personnel déjà sur place. Tous les cas confirmés actuellement hospitalisés seront transférés vers une autre zone que nous sommes en train d’aménager de l’autre côté du site.
À ce jour, nous comptons 37 patients suspects et sept patients confirmés. La structure est donc saturée, ce qui explique le bruit des engins de chantier que l’on entend en arrière-plan. Ils ont été mobilisés pour aménager une nouvelle parcelle et doubler la capacité du centre, qui passera de 38 à 70 lits dans les prochains jours.
Si le besoin se fait sentir, nous pourrons encore augmenter la capacité de 32 lits supplémentaires, pour dépasser les 100 lits. Cela représente un seuil important pour un centre de traitement Ebola, tant en matière de gestion, de ressources humaines que de niveau d’activité. Il s’agit d’une épidémie d’une ampleur non négligeable, qui exige une adaptation quasi quotidienne afin de répondre au niveau de prise en charge requis », a fait savoir Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de Médecins Sans Frontières à Bunia.
Par ailleurs, MSF intensifie ses activités médicales en appui au ministère de la Santé dans le cadre de la riposte à l’épidémie d’Ebola en cours dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’épidémie, causée par le virus Bundibugyo, évolue dans un contexte complexe marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et un accès limité aux soins de santé.
Les équipes de MSF travaillent aux côtés des autorités sanitaires nationales et provinciales pour renforcer les capacités de prise en charge et d’isolement, les mesures de prévention et de contrôle des infections, les systèmes de surveillance et de détection précoce, ainsi que les activités d’engagement communautaire.
Dans la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie, MSF construit et gère plusieurs Centres de traitement Ebola, dont une structure de 65 lits à Mongbwalu ainsi qu’un centre à Bunia dont la capacité peut atteindre 36 lits. L’organisation soutient également l’isolement et la prise en charge des cas suspects dans les structures de santé de Mongbwalu, Fataki et Bunia.
Au 30 mai, près de 300 cas confirmés, plus de 900 cas suspects et plus de 50 décès avaient été officiellement signalés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, l’Ituri concentrant plus de 90 % des cas suspects. Selon MSF, l’ampleur réelle de l’épidémie demeure difficile à évaluer en raison des capacités de dépistage limitées et des difficultés d’accès à certaines zones, ce qui impose une interprétation prudente de ces données.
Josué Mutanava, à Goma