L'identification des victimes éligibles aux réparations ordonnées par la Cour Internationale de Justice dans l'affaire RDC contre Ouganda obéit à un processus en trois étapes strictement encadrées par l'arrêt lui-même, a détaillé ce samedi Mgr François Mwarabu lors du Space live de Stanis Bujakera Tshiamala.
Selon le coordonnateur du FRIVAO, toute personne se déclarant victime doit d'abord être enregistrée, avant que ses déclarations ne soient confrontées aux réalités du terrain et aux rapports établis à l'époque par les organisations de défense des droits humains. Ce n'est qu'à l'issue de cette vérification, et après déclaration d'éligibilité, qu'elle peut accéder au fonds.
L'arrêt fixe par ailleurs un cadre précis : seuls les préjudices survenus entre 1998 et 2003, dans les zones géographiques où l'armée ougandaise s'est effectivement déployée, peuvent être pris en compte.
« Ce n'est pas un fonds de partage », a martelé Mgr Mwarabu, soulignant la technicité et la lourdeur du processus de vérification plus de vingt-six ans après les faits. Cette explication apporte un éclairage partiel sur le faible taux de versement aux victimes, 28 millions sur plus de 195 millions reçus, sans toutefois répondre à la question centrale sur la destination des millions restants, toujours au cœur d'une instruction judiciaire en cours.