Haut-Katanga : le Bureau politique national de l'Ardev désavoue Jacques Kyabula

Photo d'illustration
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Réunis ce jeudi à Lubumbashi, les membres du Bureau politique national ainsi que plusieurs hauts cadres du parti dont certains députés provinciaux et un membre du gouvernement provincial actuel, ont annoncé leur désaveu envers le président national, Jacques Kyabula Katwe, lui retirant toute confiance politique et organisationnelle.

Dans une déclaration rendue publique au terme de leur réunion, les cadres de l’ARDEV dénoncent une gestion qu’ils qualifient d’« autocratique », « opaque » et contraire aux textes fondamentaux de la formation politique. Ils reprochent à Jacques Kyabula Katwe plusieurs dérives dans la conduite des affaires du parti, estimant que ses décisions auraient contribué à fragiliser l’organisation.

« Constatant avec regret les dérives, les prises de position unilatérales et les agissements du président national Jacques Kyabula Katwe qui s’écarte de la vision et des idéaux du parti », peut-on lire dans cette déclaration.

Les signataires évoquent également une violation intentionnelle des textes fondateurs de l’ARDEV, une gestion jugée « unipersonnelle » des affaires du parti ainsi qu’un manque de transparence dans la prise des décisions.

Selon les cadres frondeurs, le président national aurait également détérioré les rapports entre l’ARDEV et les institutions de l’Union Sacrée de la Nation, plateforme politique soutenant le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ils dénoncent notamment un « manque de respect au Secrétaire permanent de la plateforme présidentielle » ainsi qu’un abandon de l’encadrement des militants sur le terrain.

Cette prise de position intervient quelques jours seulement après la démission de Jacques Kyabula Katwe de ses fonctions de gouverneur de la province du Haut-Katanga, un événement qui avait déjà suscité plusieurs réactions dans les milieux politiques. Kyabula est à Kinshasa depuis près de 10 mois, rappelé par le VPM de l'intérieur après des propos controversés tenus dans une matinée politique dans la ville du cuivre.

L’ARDEV, parti allié de la majorité présidentielle, compte plusieurs élus, dont une dizaine de députés provinciaux ainsi qu’un sénateur.

Face à cette situation, le Bureau politique national annonce la mise en place d’un comité de crise chargé de conduire une restructuration de l’organisation.

Les cadres affirment agir dans l’objectif de préserver la cohésion interne et l’avenir du parti. Ils justifient également leur démarche par le contexte sécuritaire ayant conduit Jacques Kyabula à être rappelé à Kinshasa, une situation qui, selon eux, l’empêcherait d’assurer pleinement la direction du parti.

José Mukendi