Dans l'Est de la République démocratique du Congo, outre les opérations militaires opposant les Forces armées de la RDC (FARDC) à la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, les populations civiles continuent de subir une recrudescence des violations des droits humains commises par les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), actes susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Le cas le plus récent est le massacre de civils perpétré dimanche 31 mai 2026 par des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées au groupe État islamique, dans le quartier Ngadi, situé au nord de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu. En réaction, le Gouvernement de la République démocratique du Congo a condamné avec la plus grande fermeté ces nouveaux massacres.
Dans un communiqué rendu public ce lundi 1er juin 2026, il indique que, selon les informations fournies par les autorités provinciales, cette attaque a coûté la vie à quinze (15) civils ainsi qu’à un militaire engagé dans la protection des populations. Selon le gouvernement, plusieurs habitations ont également été endommagées lors de cette incursion criminelle et mortelle
"Face à cette tragédie, le Gouvernement réaffirme que la lutte contre les ADF demeure une priorité absolue. Les Forces de Défense et de Sécurité poursuivent activement les opérations de traque des assaillants et les mesures nécessaires ont été engagées afin de renforcer la protection des populations civiles, sécuriser les zones affectées et prévenir toute nouvelle attaque", dit le communiqué du gouvernement
Dans le même document, le gouvernement appelle la population au calme, à la vigilance et à la confiance envers les institutions de la République ainsi qu'en l'action des Forces de Défense et de Sécurité engagées sur le terrain.
"Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo réaffirme sa détermination inébranlable à poursuivre sans relâche la lutte contre le terrorisme, à restaurer durablement la sécurité dans les territoires affectés et à garantir la protection de tous les citoyens. Les auteurs de ces crimes odieux sont traqués et ils répondront de leurs actes devant la justice", rassure le gouvernement de la République
La République Démocratique du Congo reste secouée par les attaques terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, précisément dans les territoires de Beni, Lubero, Irumu et Mambasa. Ces islamistes, qui ont fait allégeance à l’État islamique (EI), tuent des civils depuis plus de dix ans. La violence ne faiblit pas, en dépit des opérations conjointes menées par les armées congolaise et ougandaise depuis mai 2021.
D’après un récent rapport d’Amnesty International, organisation non gouvernementale internationale de défense des droits humains intitulé « Je n’avais jamais vu autant de corps » : les crimes de guerre commis par les Forces démocratiques alliées dans l’est de la République démocratique du Congo, ce document met en évidence les attaques violentes des ADF contre des civils, les enlèvements, le travail forcé, le recrutement et l’utilisation d’enfants, ainsi que d’autres abus visant particulièrement les femmes et les filles, notamment les mariages forcés, les grossesses forcées et diverses formes de violences sexuelles.
Selon ce rapport, les actes commis par les ADF, groupe lié à l’État islamique, constituent de graves violations du droit international humanitaire, dont plusieurs s’apparentent à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité. Ces attaques se produisent sur de vastes zones de l’est de la RDC, où le Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda, est également impliqué dans des offensives de grande ampleur contre des civils. Alors que l’attention nationale et internationale était concentrée sur les avancées du M23 au début de l’année 2025, les ADF ont profité de ce détournement de l’attention et des forces militaires pour intensifier leurs exactions.
Selon les données du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), en 2025, les membres des ADF ont été responsables de 465 atteintes ayant fait 1 749 victimes, dont 344 femmes et 129 enfants, dans les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et de la Tshopo. Les exécutions sommaires représentent 46,45 % des cas (216), suivies des atteintes à l’intégrité physique (24 %, soit 111 cas) et des atteintes au droit à la propriété (15 %, soit 71 cas).
Clément MUAMBA