Débat constitutionnel en RDC : la Base Républicaine juge le moment inopportun et appelle au dialogue national inclusif

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Hugo Zala, président du parti "Base Républicaine"

Alors que le débat sur la révision ou le changement de la Constitution en République démocratique du Congo ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique congolaise, la Base républicaine, par l’entremise de son président national, Hugo Zala, a, au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, dépeint la situation du pays et jugé inopportun et inapproprié le débat sur la Loi fondamentale à l’heure actuelle.

Hugo Zala estime que le débat devrait se concentrer sur les moyens de mettre fin à la guerre d’agression rwandaise menée à travers la rébellion du M23, mais aussi sur la nécessité de rassembler les énergies pour le développement du pays et le rétablissement de l’autorité de l’État. Il regrette toutefois que le pays soit à ce point focalisé sur le débat constitutionnel, au point d’avoir tendance à oublier qu’une partie du territoire échappe au contrôle de l’État.

“Le pays est dans une situation telle qu’il n’y a même pas d’opportunité pour ce débat. La Base républicaine estime que le débat autour de la Constitution ne doit même pas prendre de place parce que nous voulons que cette Constitution fasse fonctionner la vie de toute la nation sur toute l’étendue du territoire. Or, pendant que le pouvoir public est interrompu dans une partie de notre territoire, nous ne pouvons pas parler de la Constitution avant de rétablir d’abord l’autorité de l’État”, a-t-il déclaré.

Pour sortir le pays de la crise actuelle, ce parti d’opposition plaide pour l’ouverture d’un dialogue national inclusif et respectueux. Initiés par le président de la République, Félix Tshisekedi, ces pourparlers devraient se tenir à Kinshasa ou à l’étranger, avec ou sans médiation internationale, afin de répondre aux urgences nationales.

“Nous demandons au Président de la République de poser des actes allant dans le sens du dialogue avec les personnes avec lesquelles il est disposé à dialoguer, et le pays va avancer. Ne cristallisons pas un débat qui occasionne la division des Congolais. Notre pays traverse une situation difficile. La Base républicaine fait appel à la cohésion nationale et va agir pour mobiliser, non pas pour ou contre le débat constitutionnel, mais pour le rétablissement de l’autorité de l’État et la préservation de la cohésion nationale” a-t-il plaidé.

Un cahier des charges axé sur la paix et la stabilité

Outre cette analyse, l’opposant républicain Hugo Zala a présenté son cahier des charges, articulé autour de plusieurs propositions qu’il juge adaptées à la situation actuelle, ainsi que les modalités de leur mise en œuvre. Selon lui, ces mesures constituent des pistes de solution pour sortir le pays de la crise actuelle.

Dans cette perspective, cette famille politique propose un mécanisme de stabilité fondé sur la mutualisation des intérêts des acteurs économiques internationaux impliqués dans l’exploitation des matières premières en RDC et au Rwanda. Cette approche passerait notamment par la création d’une société unique à capitaux multiples, en partenariat avec l’État congolais.

Le mouvement préconise également de s’appuyer sur les acquis de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies afin de bâtir une nouvelle architecture de paix et de stabilité. Celle-ci devrait se traduire par la conclusion d’accords plus solides pour garantir la stabilité en RDC et dans la région des Grands Lacs, assortis de mécanismes de coercition plus contraignants à l’encontre de tout acteur qui tenterait de remettre en cause cet édifice.

Par ailleurs, la Base républicaine estime nécessaire la levée de la résolution 1823 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2008. Selon elle, cette mesure permettrait d’empêcher tout groupe armé d’utiliser le Rwanda comme base arrière pour l’acquisition et le réapprovisionnement en matériel militaire.

“Si nous arrivons à mettre en place ce cadre avec tous ces partenaires, nous rendrons inopportuns les mécanismes d’exploitation des matières premières par la contrebande. À partir de là, nous pouvons trouver une solution à la crise. Pour toutes ces mesures, l’importance du dialogue réside dans la mise en œuvre de ce mécanisme. Nous allons agencer et combiner ces propositions pour dégager un schéma cohérent, tout en préservant l’unité et la cohésion nationales”, a-t-il conclu.

Alors que le débat se poursuit sur les plans politique et parlementaire, les opposants, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund-a-Kabund et Delly Sesanga, réunis au sein de la coalition C64, ont annoncé une journée « ville morte » ce mercredi 3 juin afin de dénoncer ce qu’ils qualifient de dérive constitutionnelle liée à la proposition de loi du député Gaspard Ngondankoy sur l’organisation du référendum. Les opposants considèrent ce texte comme la première étape du régime vers un changement de la Constitution.