Le cap vers le dialogue national inclusif annoncé le 17 juillet dernier par les principales confessions religieuses au terme d’un entretien avec le chef de l’Etat à Kinshasa, est à ces jours sans suite, alors que la loi sur le référendum est désormais déclarée conforme à la constitution, par la Cour constitutionnelle, ouvrant ainsi la voie vers le changement de la Loi fondamentale.
A seulement neuf jours de l’expiration du délai que la coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel avait donné à Félix Tshisekedi pour organiser le dialogue qu’il avait finalement accepté après sa volte-face silencieuse, ce mot « dialogue » semble disparaître des lèvres des Congolais, l’ordonnance présidentielle devant en fixer les modalités traine. Pourtant, l’annonce de cette initiative avait obtenu, par le concours du tandem ECC-CENCO, le report de la marche de l’opposition prévue en date du 22 juillet dernier, qui entendait exiger la démission du chef de l’Etat pour trahison de son serment constitutionnel par sa volonté clairement exprimée de changer la Constitution de 2006.
Si le présidium de la C64 accentue la pression sur Kinshasa avant l’arrivée de sa date butoir, avec en prime un dernier avertissement issu de sa dernière réunion tenue au siège du parti de Moïse Katumbi, la majorité au pouvoir, elle aussi, refuse de céder à la pression de l’opposition.
Lors d’un briefing presse la semaine dernière, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a souligné que le président de la République, disposant de son agenda privé, ne peut se plier devant un quelconque ultimatum, mais il agit selon les priorités de la nation.
En effet, cette fermeté de Kinshasa à ne pas s’exécuter aux exigences de l’opposition, se conjugue également au débat lié à l’inclusivité du dialogue en vue. Alors que les opposants et acteurs de la société civile insistent sur la participation des rebelles de l’AFC/M23, de Joseph Kabila et d’autres acteurs politiques en exil, la majorité maintient sa volonté pour un cadre auquel seuls les Congolais qui condamnent l’agression rwandaise prendront part. Elle précise qu’il existe d’ores-et-déjà un cadre dédié aux discussions entre Kinshasa et les rebelles, à savoir le processus de Doha, exporté à Montreux, en Suisse, du reste au point mort après son neuvième round tenu du 13 au 18 avril dernier, qui avait débouché sur entre autres, des engagements à garantir l’accès rapide à l’aide humanitaire, la libération de prisonniers dans un délai de 10 jours, ainsi que la signature d’un nouveau protocole de surveillance du cessez-le-feu et du mécanisme conjoint de vérification.
Les leaders de l’opposition, qui sont Martin Fayulu (ECIDé), Moïse Katumbi (Ensemble), Jean-Marc Kabun (ACh), Delly Sesanga (Envol) et Augustin Matata Ponyo (LGD), se réuniront à nouveau le 15 août prochain afin de publier le calendrier de nouvelles actions de la C64, si jamais le président de la République ne concrétise sa promesse d’organiser le dialogue national inclusif, qu’ils exigent depuis 2024, censé plancher sur les causes profondes de la crise multiforme en RDC.
Samyr LUKOMBO