Interrogé sur la possibilité de dissocier la proposition de loi organisant le référendum du débat sur le changement de la Constitution, Trésor Kibangula a été catégorique : « C'est très difficile. » Pour le chercheur d'Ebuteli, la clé de lecture est avant tout une question de timing.
« La Constitution date de 2006. On aurait pu avoir cette proposition de loi sur le référendum depuis 2006. Le fait que ça tombe au moment où la majorité manifeste des velléités de changement constitutionnel peut effectivement faire tiquer plus d'un », a-t-il observé.
Kibangula a replacé ce débat dans une perspective plus large, celle de la trajectoire démocratique du pays. « Est-ce qu'on veut retenter l'expérience d'un pouvoir fort concentré entre les mains d'une personne ? On a tenté déjà plus d'une fois dans ce pays », a-t-il rappelé. Pour lui, il est impossible, en toute honnêteté, de délier la question du référendum de celle du sort du président de la République après 2028.
Le chercheur a également pointé la tension observée à l'Assemblée nationale lorsque la commission politique et administrative dirigée par André Mbata a rendu son rapport sur les textes de Ngondankoy, l'opposition ayant claqué la porte, convaincue que le pouvoir pose méthodiquement « les jalons vers le changement de la Constitution ». Une lecture que le déroulé des événements à l'Assemblée nationale ces derniers jours semble, selon lui, confirmer.