RDC:avec 60 milliards USD mobilisés entre 2003 et 2022, Félix Tshisekedi insiste sur l’opérationnalisation du cadre de coordination de l’aide au développement

FMI
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Le Président Félix Tshisekedi  a insisté sur l’urgence d’une meilleure coordination de l’aide au développement et de la gestion des ressources extérieures mobilisées en faveur de la République démocratique du Congo. Selon le compte rendu de la 91e réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 29 mai 2026, cette question est considérée comme stratégique au regard des flux financiers importants dont bénéficie le pays depuis plus de deux décennies.

Le Chef de l’État a rappelé que la RDC a reçu un appui conséquent de ses partenaires techniques et financiers.

"Les estimations disponibles indiquent qu’entre 2003 et 2022, près de 60 milliards de dollars américains ont été mobilisés sous diverses formes d’aide au développement, d’assistance humanitaire et de coopération internationale", a-t-il souligné dans le compte rendu de la réunion.

Si ces financements ont permis de soutenir plusieurs secteurs, Félix Tshisekedi a estimé qu’il demeure nécessaire d’en mesurer l’impact réel sur les conditions de vie des populations et les objectifs de transformation nationale.

"Il demeure néanmoins indispensable d’évaluer avec lucidité leur impact réel au regard des attentes de notre population et des ambitions de transformation que porte la République", a-t-il indiqué dans sa communication reprise dans le compte rendu de la réunion.

Pour le Président, cette réflexion met en lumière la nécessité d’un leadership renforcé de l’État dans la définition des priorités, la coordination des interventions et le suivi des ressources extérieures. Le Chef de l’État a déploré le fait que les partenaires techniques et financiers interagissent avec plusieurs centres de décision au sein de l’appareil étatique, une situation qu’il juge peu favorable à la cohérence de l’action publique.

"Les partenaires techniques et financiers interagissent aujourd’hui avec plusieurs centres institutionnels de décision, situation qui ne favorise ni la cohérence de l’action gouvernementale ni l’expression d’une position unifiée de l’État sur ses priorités stratégiques", a-t-il fait observer.

Il a toutefois rappelé que les partenaires au développement doivent s’aligner sur les priorités nationales.

"Les partenaires au développement ont vocation à accompagner les priorités définies par la République et non à se substituer à la vision nationale du développement portée par le gouvernement", a insisté Félix Tshisekedi.

Dans cette optique, un projet de décret portant création, organisation et fonctionnement d’un cadre de coordination et d’orientation de l’aide au développement a été élaboré, sous l’autorité de la Première ministre. Le Président de la République a toutefois regretté que certaines divergences persistent encore quant à la finalisation du texte, malgré sa validation au niveau des instances compétentes. Il a précisé que cette réforme ne vise pas à créer une structure supplémentaire, mais à améliorer l’efficacité de l’action publique.

"Cette réforme ne vise ni à la création d’une structure supplémentaire ni au transfert des prérogatives d’une institution à une autre", a-t-il clarifié.

Dans le contexte actuel de transformation économique et de modernisation du pays, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’une action coordonnée et cohérente. À cet effet, il a instruit la Première ministre de procéder à une évaluation complète de l’état d’avancement du dossier, d’identifier les contraintes éventuelles et de proposer des mesures correctives pour accélérer la mise en œuvre du cadre de coordination.

Selon le compte rendu de la 91e réunion du Conseil des ministres, un rapport détaillé est attendu dans un délai de 15 jours, conformément à ses instructions.

"Notre pays ne peut plus se permettre une gestion fragmentée de l’aide extérieure. La souveraineté de notre pays s’exprime également à travers sa capacité à orienter les ressources extérieures vers ses propres priorités et à assurer pleinement le leadership de son agenda de développement", a-t-il fait savoir dans sa communication.

La situation de la dette extérieure de la République Démocratique du Congo n'est pas alarmante comme l'attestent certains acteurs de la classe politique congolaise. Cette affirmation etait du ministre des Finances Nicolas Kazadi lors d'un briefing conjoint avec son collègue de la communication et médias Patrick Muyaya lundi 20 février 2023. À en croire l'argentier national, à cette époque, il était de l'ordre de 17% et que la République Démocratique du Congo est le pays le moins endetté au niveau du continent africain

Depuis l'arrivée de Félix Tshisekedi à la tête de la RDC, le pays bénéficie de plusieurs appuis financiers de la part de ses partenaires financiers. À titre illustratif, le portefeuille actif de la Banque pour la RDC avait atteint environ 7 milliards de dollars à la fin du mois de juin 2022, grâce à une augmentation significative des financements de l'Association internationale de développement (IDA) ces dernières années. L'IDA fournit des dons et des prêts à taux zéro ou à faible taux d'intérêt (appelés crédits) qui stimulent la croissance économique, réduisent les inégalités et améliorent les conditions de vie des populations dans les pays les plus pauvres du monde.

Clément MUAMBA