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Ressources naturelles : la Chine appelle à cesser de s'accaparer les ressources d'autres États par le biais de sanctions, de pressions et de la coercition militaire

Une photo d'une réunion du conseil de sécurité des Nations unies

À l'occasion de la réunion de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au thème « La gouvernance des ressources naturelles : fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité », l'ambassadeur Sun Lei, chargé d'affaires de la Mission permanente de la République populaire de Chine auprès des Nations unies, a réaffirmé l'engagement de Pékin en faveur d'une gestion responsable, équitable et durable des ressources naturelles.

Cette réunion, qui faisait suite au débat public tenu selon la formule Arria, s'inscrivait dans le cadre des principales activités de la présidence de la RDC au Conseil de sécurité de l'ONU. Organisée à l'initiative de la République démocratique du Congo, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, elle était présidée par Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de l'étranger, en présence d'António Guterres, secrétaire général des Nations unies, de la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de plusieurs représentants des États membres.

Dès l'entame de son intervention, mercredi 22 juillet, le diplomate chinois a rappelé que « les ressources naturelles sont des dons précieux que la Terre a faits à l'humanité et constituent le fondement matériel de sa survie ainsi que d'un développement économique et social durable ». Il a toutefois souligné que « l'abondance des ressources n'entraîne pas automatiquement le développement et la prospérité, tandis qu'une mauvaise gouvernance peut déclencher et alimenter la violence et les conflits ».

La paix, condition essentielle à une bonne gouvernance

Développant la vision de son pays dans un contexte où la RDC est victime de l'exploitation illicite de ses minerais, notamment dans les zones touchées par les conflits armés, Sun Lei a insisté sur le fait que « la paix et la stabilité sont les garants essentiels d'une gouvernance efficace des ressources naturelles ». Selon lui, sans un environnement sécurisé, les richesses naturelles ne peuvent pleinement bénéficier aux populations.

Il a appelé la communauté internationale à renforcer la coopération pour lutter contre l'exploitation illégale et le trafic des ressources naturelles, tout en améliorant la transparence des chaînes d'approvisionnement. Le représentant chinois a également averti que « les ressources naturelles ne doivent pas être considérées comme la seule cause des conflits. Encore moins la coopération économique, commerciale et industrielle normale ne doit être instrumentalisée à des fins sécuritaires ou politiques ».

Défendre la souveraineté des États sur leurs ressources

Le diplomate a ensuite défendu le principe de la souveraineté permanente des États sur leurs ressources naturelles, qu'il considère comme un fondement du droit international.

« Certains pays doivent cesser de s'accaparer les ressources d'autres pays par le biais de sanctions, de pressions et de la coercition militaire, et ne doivent en aucun cas retomber dans la domination coloniale et le pillage. Les pays en développement ont le droit d'exploiter pleinement leurs ressources naturelles pour assurer leur développement économique et social », a-t-il déclaré.

Poursuivant son intervention, il a ajouté :

« La Chine soutient la mise en place d'un système de gouvernance ouvert, inclusif, juste, équitable, coopératif, mutuellement avantageux, écologique et propre pour les minéraux critiques. Utiliser le prétexte d'une prétendue "réduction des risques" ou de la "sauvegarde de la sécurité nationale" pour justifier une confrontation entre blocs et la création de "petits cercles" exclusifs ne fera que perturber l'ordre du marché et nuire aux intérêts communs de tous les pays. »

Sun Lei a ainsi mis en garde contre les politiques de fragmentation économique, estimant que ces pratiques risquent de perturber l'ordre du marché et de porter atteinte aux intérêts communs de l'ensemble des pays.

Miser sur le développement durable

Pour Pékin, le développement durable demeure la meilleure réponse aux conflits liés aux ressources naturelles. Le représentant chinois a estimé que « le problème persistant de l'exploitation illicite des ressources naturelles trouve son origine dans la pauvreté, le chômage et le sous-développement ».

Il a appelé les pays développés à respecter leurs engagements en matière d'assistance et à accompagner les États riches en ressources dans le renforcement de leurs capacités, le transfert de technologies, la formation des talents et la modernisation industrielle.

Selon lui, cette approche permettra « de réduire la pauvreté, de créer des emplois, de garantir un véritable bénéfice aux populations locales et de jeter les bases d'une paix durable ».

La Chine réaffirme son engagement

Par ailleurs, Sun Lei a rappelé que la Chine, en tant que grand producteur, consommateur et négociant de ressources naturelles, demeure engagée en faveur d'une gouvernance responsable du secteur.

Il a notamment évoqué l'Initiative de coopération économique et commerciale internationale sur l'exploitation minière verte et les minéraux, lancée lors du dernier sommet du G20, destinée à promouvoir « un nouveau type de partenariat dans le secteur des ressources minérales, fondé sur l'ouverture, la coopération mutuellement avantageuse, l'équité et la justice ».

Le diplomate a enfin assuré que la Chine est prête « à œuvrer avec la communauté internationale pour approfondir la coopération mutuellement bénéfique en matière de ressources naturelles, mieux accompagner les pays concernés dans la transformation de leurs ressources en moteurs de développement et s'engager sur la voie d'une paix, d'une stabilité, d'un développement et d'une prospérité durables ».

Cette activité s'inscrit dans le prolongement de la réunion organisée selon la formule Arria ainsi que du débat de haut niveau, au cours desquels la RDC entend donner un nouvel élan à ce dossier, qu'elle considère comme prioritaire durant son mandat au Conseil de sécurité pour la période 2026-2027.

Le pays dispose d'importantes réserves de minerais critiques et occupe une place centrale dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, attirant ainsi l'attention des grandes puissances et des multinationales. Dans le même temps, il demeure confronté à des défis sécuritaires persistants liés à l'exploitation de ses ressources naturelles. L'extraction et le trafic illicites de minerais continuent d'alimenter les conflits et l'instabilité, notamment dans les provinces orientales.

Ces activités interviennent dans un contexte marqué par le partenariat stratégique conclu entre la République démocratique du Congo et les États-Unis autour des minerais critiques, mais également par l'accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali.

Clément MUAMBA