Invité d'un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l'analyste Trésor Kibangula a appelé à la prudence face à l'argument sécuritaire avancé par une partie du pouvoir pour justifier un éventuel maintien de Félix Tshisekedi à la tête de l'État.
Il a rappelé que le chef de l'État s'était présenté en 2023 comme le « rempart » capable de vaincre Paul Kagame et les troupes rwandaises, suscitant un fort engouement, notamment dans l'est du pays. « Ce qui est déroutant aujourd'hui, c'est d'entendre le même pouvoir utiliser l'argument de la guerre pour demeurer au pouvoir », a-t-il observé, alors que ce mandat avait précisément été confié pour mettre fin au conflit.
Interrogé sur la comparaison avec l'Ukraine, où la guerre a empêché la tenue d'élections, Trésor Kibangula a mis en garde contre deux écueils : affirmer que le conflit ne peut jamais affecter le calendrier électoral, mais aussi considérer qu'il justifie automatiquement une prolongation du pouvoir. Selon lui, des mesures exceptionnelles peuvent se concevoir, à condition d'être encadrées, limitées dans le temps et adossées à un consensus aussi large que possible, comme dans le cas ukrainien.
Il a enfin regretté que le débat congolais soit biaisé par la perspective d'une révision constitutionnelle et la question de l'avenir du chef de l'État, au détriment d'une réflexion sereine sur le renforcement des institutions.