Acculé sur la question du troisième mandat, l'archevêque Ejiba Yamapia n'a pas esquivé. Interrogé lors du live Space organisé mardi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala sur sa responsabilité historique en tant qu'artisan d'un éventuel changement constitutionnel ouvrant la voie à une prolongation du pouvoir de Félix Tshisekedi, le pasteur a tenu à préciser : « Le leadership, c'est la capacité d'assumer ses convictions », a-t-il dit d'emblée.
Sur le fond, l'archevêque a tenu à recadrer le débat qu'il juge mal posé. Il a fermement déconseillé à ses partisans de défendre le changement de Constitution en « mettant la photo de quelqu'un à côté ». Pour lui, la révision du texte fondamental doit se discuter exclusivement à l'aune de trois critères : la souveraineté de la RDC, son développement et le bien-être de la population congolaise. Toute autre grille de lecture, notamment celle centrée sur le sort politique d'un individu, dénaturerait selon lui le débat et desservirait la cause qu'il défend.
Son argument le plus saillant reste cependant d'ordre juridique. Si la Constitution venait effectivement à être changée en profondeur au point que les constitutionnalistes la reconnaissent comme un nouveau texte, le décompte des mandats serait, selon lui, remis à zéro. « On ne parlerait plus du troisième mandat, mais du premier mandat de ce régime-là », a-t-il affirmé, s'appuyant sur une logique de rupture constitutionnelle pour neutraliser l'un des principaux arguments de ses adversaires.