Mine de Kateketa : Kabund révèle comment un frère de Tshisekedi a envahi un site minier avec des militaires et des combattants de l'UDPS

Jean-Marc Kabund
Jean-Marc Kabund

Interrogé samedi par Stanis Bujakera Tshiamala, Jean-Marc Kabund-a-Kabund a livré un récit explosif sur l'un des épisodes qui l'ont, selon lui, convaincu que les pratiques dénoncées sous Kabila avaient survécu à l'alternance. Au cœur de cette affaire : la mine de Kateketa, au Katanga, dont une militante de l'UDPS avait été rétablie dans ses droits de propriété après avoir été spoliée sous l'ancien régime, une démarche conduite par Kabund lui-même, avec l'aval du président Tshisekedi.

Mais la situation dégénère lorsque des réseaux que Kabund qualifie de « mafieux » parviennent à entraîner le propre frère du chef de l'État dans une opération d'accaparement du site. « Le frère du président va même mettre cinq camions de combattants de l'UDPS qu'il avait recrutés au niveau de La Poste et un camion de militaires jusque dans le site minier », a-t-il déclaré, affirmant que l'exploitation illicite a commencé dès leur arrivée sur place.

Prévenu par la propriétaire alors que Félix Tshisekedi se trouvait à Bruxelles, Kabund dit avoir appelé directement le chef de l'État. La réponse de ce dernier l'aurait frappé : « Ne raccroche pas », lui aurait dit le président avant de contacter son frère en direct pour lui ordonner de quitter les lieux dans les trente minutes, sous peine d'être arrêté par ses propres militaires. « J'ai entendu ça de mes propres oreilles », a insisté Kabund.

L'épisode prend une tournure plus sombre après sa chute : Kabund affirme que la mine de Kateketa, dont on lui a attribué à tort la propriété pour le discréditer, a depuis changé de mains dans des conditions qu'il refuse d'expliciter, invitant les journalistes à investiguer. Il note avec une ironie amère que la militante dont il avait défendu les droits est aujourd'hui maire de la ville de Lubumbashi, ce qu'il interprète comme la preuve qu'elle a finalement cédé le site « moyennant quelque chose ». « Si cette mine m'appartenait vraiment, cette dame aurait-elle été gratifiée ? » a-t-il lancé, défiant quiconque de démontrer le contraire.