Ebola : Félix Tshisekedi insiste sur le renforcement des dispositifs nationaux de veille sanitaire et sur la mobilisation diligente des ressources financières destinées à la riposte

Un agent de santé dans le laboratoire de l'INRB
Un agent de santé dans le laboratoire de l'INRB

La résurgence de la maladie à virus Ebola, qui sévit dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, marquant la 17ᵉ épidémie de cette maladie dans le pays après celle de Bulape dans la province du Kasaï, a motivé la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil des ministres, mercredi 20 mai 2026, sous la direction du Président Félix Tshisekedi, à la Cité de l’Union africaine.

Étant l’unique point de sa communication, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a rappelé que cette réunion faisait suite à une réunion restreinte présidée deux jours plus tôt avec le gouvernement, le Directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale ainsi que le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Revenant d’une mission en Ituri, Samuel Roger Kamba lui avait présenté un rapport préliminaire ainsi que les mécanismes de prise en charge ad hoc déjà activés depuis la déclaration officielle de l’épidémie en RDC.

Face à cette situation préoccupante, le Chef de l’État a instruit le gouvernement de mettre immédiatement en œuvre toutes les mesures nécessaires afin de renforcer la riposte sanitaire, contenir la propagation de la maladie et assurer une prise en charge rapide, coordonnée et efficace des populations concernées.

"En complément des dispositions déjà engagées par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, il a ordonné le renforcement immédiat du dispositif national d'eveill sanitaire, de contrôle épidémiologique, des capacités de dépistage, les mécanismes d'isolement et de prise en charge des cas ainsi que la sécurisation des équipes médicales et des structures dans les zones affectées", a recommandé Félix Tshisekedi dans sa communication.

Dans le même registre, a-t-il poursuivi, le gouvernement devra mettre en place sans délai un protocole renforcé des mesures barrières applicables dans les espaces publics, administratifs, scolaires, universitaires, sanitaires, religieux et communautaires, accompagné d’une vaste campagne nationale de sensibilisation et de communication de crise destinée à informer, rassurer et mobiliser efficacement les populations.

"À cet effet, il a instruit le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, à activer tous les canaux de communication disponibles, notamment les radios communautaires, télévisions, plateformes numériques, services de messagerie et dispositifs de proximité, afin d’assurer une diffusion massive et continue des messages de prévention sur toute l’étendue du territoire national", ajoute le compte rendu de la réunion.

Sur le plan financier, le Président de la République Félix Tshisekedi a instruit particulièrement le ministre des Finances à faire constamment diligence dans la mobilisation rapide et adéquate des ressources nécessaires pour répondre à toutes les sollicitations liées à la riposte et garantir la continuité des opérations sanitaires sur le terrain.

Par ailleurs, le Président Félix Tshisekedi estime que le gouvernement devra intensifier les démarches auprès des partenaires techniques et financiers ainsi que des bailleurs de fonds traditionnels en vue d’obtenir un accompagnement, sous la coordination du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, en soutien aux efforts nationaux de lutte contre cette épidémie.

Toutefois, rappelant que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, Félix Tshisekedi a affirmé que le pays dispose aujourd’hui d’une expérience avérée, d’une expertise scientifique reconnue et de capacités opérationnelles permettant d’organiser efficacement la riposte et de renforcer sa résilience face à cette menace.

"Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale est appelé à présenter, de manière quotidienne, un rapport détaillé sur l’évolution de la situation épidémiologique ainsi que sur les cas recensés. Il est important d’exécuter les mesures arrêtées dans le cadre de cette riposte nationale", a insisté le Président Félix Tshisekedi.

L’épidémie de la maladie à virus Ebola constitue une nouvelle crise qui frappe la République démocratique du Congo, un pays ayant connu une forte recrudescence des conflits cette année, engendrant l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Avec 5,6 millions de personnes déplacées, dont environ 2,5 millions d’enfants, et 15 millions de personnes, soit près d’une personne sur sept, ayant besoin d’une aide humanitaire, la RDC est confrontée à une crise majeure.

Vingt-quatre heures après sa déclaration officielle comme 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie due à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Selon le communiqué rendu public samedi 16 mai 2026, le directeur général de l’OMS a fondé cette décision sur plusieurs éléments, notamment le taux élevé de positivité des premiers échantillons testés, la propagation déjà documentée au-delà des frontières congolaises ainsi que l’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre cette souche spécifique. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, cette épidémie ne remplit cependant pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique.

Clément MUAMBA