Quelques jours après les résolutions prises dans le cadre du processus de Doha délocalisé à Montreux (Suisse), les réalités sont autres sur le terrain. Les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23 poursuivent leurs agissements belliqueux notamment en menant des frappes aériennes et des attaques au sol.
Alors que la MONUSCO qui a pris part aux travaux de Montreux a notamment demandé, de mettre fin à l’usage de drones afin de permettre le suivi du cessez-le-feu sur le terrain, une position des rebelles de l’AFC/M23 a été visée par une frappe aérienne attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), mardi 21 avril dans le village de Kibati, situé dans le groupement Luberike (territoire de Walikale) au Nord-Kivu.
Selon des sources locales contactées par ACTUALITE.CD, l’incident s’est produit aux environs de 16 heures locales. Un drone militaire a été aperçu survolant successivement les localités de Kibati et Kashebere avant de larguer un engin explosif sur une position des rebelles à Kibati. Une forte détonation a été entendue dans plusieurs villages environnants, semant la panique parmi les habitants.
À ce stade, aucun bilan officiel n’est disponible, ni du côté humain, ni en ce qui concerne les dégâts matériels. Les sources sur place indiquent toutefois que l’accès à la zone reste difficile, ce qui complique la vérification des informations.
Cette frappe intervient dans un contexte de recrudescence des violences dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, notamment à Walikale, Masisi et Rutshuru. Depuis plusieurs mois, les affrontements opposent les rebelles de l’AFC/M23 aux FARDC, souvent appuyées par les wazalendo.
Bien que le territoire de Walikale ait été relativement moins touché par les combats directs ces derniers jours que d’autres zones de la province, la présence signalée d’éléments rebelles dans certaines localités ces dernières semaines fait craindre une extension du conflit vers cette zone stratégique. Walikale est notamment connu pour ses ressources minières, ce qui en fait un enjeu important pour les différents acteurs armés.
Par ailleurs, le recours aux frappes de drones illustre une évolution dans les tactiques militaires des FARDC, qui cherchent à contenir et désorganiser les positions rebelles sans engager directement des combats au sol, souvent coûteux en vies humaines.
La situation sécuritaire demeure donc préoccupante dans la région, avec des populations civiles prises au piège des affrontements et exposées à des risques accrus de déplacements forcés.