L’ONG américaine #AfghanEvac a vivement dénoncé mardi le plan de l’administration Trump d’envoyer 1 100 alliés afghans de guerre en République démocratique du Congo, le qualifiant de stratagème délibéré pour justifier leur renvoi en Afghanistan.
« Ce n’est pas un plan de réinstallation. C’est un plan de refus », a déclaré Shawn VanDiver, président de l’organisation, dans un communiqué publié le 21 avril et consulté par ACTUALITE.CD
Selon lui, la mécanique du plan est claire : « Proposer à ces familles une relocalisation vers une zone de guerre active en République démocratique du Congo, en sachant qu’elles ne peuvent pas accepter. Attendre le ‘non’ prévisible. Puis utiliser ce ‘non’ comme justification publique pour les renvoyer en Afghanistan, où les talibans ont un bilan documenté de meurtres de personnes ayant des liens avec les forces américaines. »
VanDiver a également rejeté la formulation du porte-parole du département d’État Tommy Pigott, qui avait évoqué des « options de réinstallation responsables et volontaires ». « Chaque mot a été choisi pour dissimuler ce mécanisme. Aucun de ces trois mots ne résiste à l’épreuve des faits », a-t-il affirmé.
La RDC jugée « inacceptable »
L’ONG a énuméré les raisons pour lesquelles la RDC ne peut constituer une destination viable : le pays est en conflit armé actif avec le Rwanda, il accueille déjà plus de 600 000 réfugiés, les camps de réfugiés à l’intérieur de ses frontières sont attaqués, il n’existe pas de diaspora afghane pour accueillir ces familles, pas de cadre de protection juridique, et aucun accord confirmé de Kinshasa pour les accepter.
« On ne relogie pas des alliés de guerre dont les antécédents ont été vérifiés (dont plus de 400 sont des enfants) de la garde américaine vers un pays en plein effondrement. L’administration le sait. C’est justement le but », a martelé VanDiver.
« On ne résout pas la première crise de réfugiés au monde en la déversant dans la deuxième », a-t-il ajouté.
« Rien dans la loi américaine ne l’empêche »
VanDiver a rappelé que plus de 190 000 Afghans ayant servi l’effort de guerre américain ont déjà été réinstallés aux États-Unis légalement, dans le cadre du dispositif de vérification le plus rigoureux de l’histoire moderne de l’immigration américaine. « Les 1 100 du camp As-Sayliyah ont été vérifiés dans ce même cadre. Beaucoup sont déjà approuvés. Rien dans la loi américaine n’empêche de les ramener dans le pays pour lequel ils se sont battus », a-t-il souligné.
L’ONG a conclu sur une note combative : « La lumière du jour, c’est ce qui tue ce genre d’accords. Nous avons l’intention de la fournir. »