Le recours accru par toutes les parties aux drones, à l’artillerie et à d’autres explosifs dans la guerre en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo, opposant les forces gouvernementales à la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, est documenté les Nations Unies, a indiqué mercredi à Genève, Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme.
Lors de la session de mise à jour sur la situation des droits de l’homme en RDC dans le cadre de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme, Al-Nashif a indiqué qu’au mois de février, 31 frappes de drones ont été recensées, ce qui constitue, selon la diplomate, un record mensuel.
« Nous sommes également préoccupés par l'utilisation accrue de drones, d'artillerie et d'autres armes explosives par toutes les parties, y compris dans des zones densément peuplées, causant de graves dommages aux civils et aux infrastructures essentielles. En février, l'organisation de surveillance des conflits ACLED a recensé 31 frappes de drones et aériennes en RDC, un record mensuel. Tragiquement, il y a deux semaines, une frappe de drone à Goma a coûté la vie à notre collègue de l'UNICEF, Karine Buisset, ainsi qu'à au moins deux autres personnes. Les autorités ont ouvert une enquête », a déclaré Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme.
L’adjoint à Volker Türk s’exprimait en présence de la délégation du gouvernement de la RDC et d’autres personnalités. Elle a indiqué que les attaques répétées de drones visant l’aéroport de Bangoka à Kisangani, dans la province de la Tshopo, ont semé la panique et contraint les habitants à fuir, signe d’une inquiétante extension des hostilités bien au-delà des zones de conflit établies.
Ces incidents liés à l’usage des drones interviennent dans un contexte marqué par des violations récentes et continues des cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Les différentes parties au conflit s’accusent mutuellement d’être à l’origine de ces violations, alors que les cessez-le-feu avaient été garantis par la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et par l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités, mettant gravement en danger les populations civiles.
Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Clément MUAMBA