RDC : le PPRD-Diaspora dénonce une « dérive dictatoriale » après le transfert de Shadary pour des soins

Emmanuel Ramazani Shadary
Emmanuel Ramazani Shadary

Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), à travers sa coordination de la diaspora, a réagi aux informations faisant état du transfert d’Emmanuel Ramazani Shadary dans un établissement médical, après près de trois mois de détention.

Dans un communiqué, le PPRD-Diaspora exprime sa colère et son indignation, évoquant des conditions de détention jugées préoccupantes. Le parti dénonce notamment des conditions de visite très limitées pour les proches.

« Ce qui est infligé à Emmanuel Ramazani Shadary est d’une cruauté insupportable. Selon les informations relayées par ses proches, son épouse ne serait autorisée à le voir qu’environ dix minutes par semaine, dans des conditions dégradantes, les yeux bandés, comme dans des méthodes de mafia, et non dans un État de droit », indique le communiqué.

Le PPRD-Diaspora estime que cette situation traduit une dérive du pouvoir et critique le traitement réservé aux opposants politiques.

Dans le même document, le parti condamne la condamnation de Parole Kamizelo à deux ans de servitude pénale pour des faits liés à l’expression politique. Il considère que ces poursuites s’inscrivent dans un contexte plus large de restriction des libertés.

« Quand la parole devient un crime, quand l’opinion devient un délit, quand la contradiction politique devient passible de prison, il ne fait plus de doute que la dictature est installée, au vu et au su de tous », affirme le communiqué.

Le texte fait également référence à des rapports d’organisations internationales, notamment Human Rights Watch et le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), évoquant des cas de disparitions forcées et d’arrestations jugées abusives.

Par ailleurs, le PPRD-Diaspora réitère son appel à la dissolution du Conseil national de cyberdéfense (CNC), qu’il accuse de jouer un rôle dans ces pratiques.

Enfin, le parti demande la libération de plusieurs de ses cadres, dont Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary et Dunia Kilanga, qu’il considère comme détenus pour des raisons politiques.

Le communiqué appelle également la communauté internationale à se saisir de la situation.

Selon sa famille, Emmanuel Ramazani Shadary a été transféré d’urgence à l’hôpital HJ le mercredi 18 mars, en raison d’un état de santé jugé préoccupant. Détenu depuis décembre 2025 dans un local du Conseil national de cyberdéfense (CNC), les circonstances de son hospitalisation n’ont pas été officiellement communiquées. Ses proches disent craindre une dégradation de son état, qu’ils attribuent aux conditions de sa détention.

Yvonne Kapinga