Après une longue période de tensions persistantes entre les deux États, marquée par des accusations mutuelles de non-respect des engagements communs, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont convenu de « mesures concrètes » pour accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix de Washington. C’est l’essentiel issu d’une réunion tenue les 17 et 18 mars dans la capitale américaine, selon une déclaration conjointe publiée mercredi par les deux pays et les États-Unis, médiateurs dans cette crise.
À la suite de cette rencontre, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) salue les résultats de la réunion tenue à Washington, D.C., les 17 et 18 mars 2026, entre la RDC et la République du Rwanda. La CIRGL se félicite de l’engagement des deux pays à désamorcer les tensions par des mesures convenues mutuellement, respectant la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun.
D’après le communiqué de cette organisation, actuellement présidée par la RDC et rendu public ce vendredi 20 mars 2026, ces engagements représentent une étape importante vers la réduction des tensions et le renforcement de la confiance entre les deux États membres de la CIRGL.
" La CIRGL réitère son engagement envers les efforts de paix et est prête à travailler en étroite collaboration avec la RDC, le Rwanda et tous les partenaires afin d'assurer la mise en œuvre complète des mesures convenues dans la poursuite d'une paix, d'une sécurité et d'une stabilité durables dans la région des Grands Lacs ", rassure l'Organisation dans le communiqué.
Dans le même document, la CIRGL exprime son soutien à la mise en œuvre de l'Accord de paix de Washington dans le cadre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité et salue à la fois les efforts du gouvernement des États-Unis d'Amérique et du médiateur nommé par l'Union Africaine (UA), Faure Gnassingbé, Président du Conseil des Ministres du Togo. La CIRGL réaffirme en outre le rôle central de la médiation dirigée par l'UA dans la promotion d'une résolution pacifique du conflit.
Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sécuritaire sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris, alimentant une méfiance persistante et des tensions.
Les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, connaissent également un net ralentissement. Destinées à compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés, ces négociations restent largement au point mort. Plusieurs mesures déjà actées, dont le mécanisme de cessez-le-feu, la déclaration de principes et l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Cette inertie diplomatique ne cesse de favoriser la reprise de violents affrontements dans l’Est de la RDC. Par ailleurs, le dialogue national, réclamé par plusieurs acteurs sociopolitiques pour accompagner ces initiatives de paix, tarde toujours à être convoqué. Le président Félix Tshisekedi maintient sa position, estimant que toute initiative en ce sens doit émaner exclusivement de son autorité, malgré la publication récente de la feuille de route des confessions religieuses.
Clément MUAMBA