RDC: en 2025, 6.169 violations et atteintes aux droits humains documentées, soit une augmentation de 24 % par rapport à l’année précédente (BCNUDH)

Service infographie ACTUALITE.CD
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Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a dévoilé, jeudi 12 mars, les principales tendances des violations des droits humains en République démocratique du Congo durant la période du 1er janvier au 31 décembre 2025.

Il ressort de ces données que le BCNUDH a documenté 6.169 violations et atteintes aux droits humains, ayant fait 18.073 victimes, dont 2.806 femmes et 1.394 enfants, sur l’ensemble du territoire national, soit une augmentation de 24% par rapport à l’année précédente.

Parmi ces violations et atteintes, 86% ont été commises dans les provinces en conflit. Comme les années précédentes, le Nord-Kivu (3.338 cas), le Sud-Kivu (1.171 cas) et l’Ituri (771 cas) sont les provinces où le plus grand nombre de violations et d’atteintes ont été documentées.

" Les membres des groupes armés demeurent les principaux responsables des atteintes aux droits humains, représentant 71 pour cent (4.373 atteintes) des atteintes et violations documentées à l’échelle nationale en 2025. Les agents de l’État ont été responsables de 1.709 violations des droits humains, représentant 28 pour cent des violations documentées. Les services de renseignements civils et militaires ont continué à commettre des violations des droits de l’homme ", rapporte le BCNUDH. 

Selon le même document, des civils et militaires sont arrêtés et détenus par l’Agence nationale des renseignements (ANR), le Conseil national de cyberdéfense (CNC) et l’État-major des renseignements militaires (EMRM) sans supervision d’un juge ni accès des personnes en détention à un avocat, encore moins à leurs familles et aux soins de santé. Au cours de la période en revue, le BCNUDH a enregistré 46 violations des droits de l’homme attribuées aux agents de l’ANR, ayant fait 53 victimes, dont 9 femmes et 3 enfants. Ceci constitue une augmentation de 5 pourcent par rapport à l’année précédente.

" En 2025, la situation sécuritaire et des droits humains s’est détériorée à cause de la persistance du conflit armé dans l'est du pays. L'offensive de l'AFC/M23 et de l'armée rwandaise, qui s'est notamment traduite par la prise de contrôle de parties importantes des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris les villes de Goma et Bukavu, a fortement exacerbé la crise. Les combats entre l’AFC/M23 et les FARDC, en particulier dans des zones densément peuplées, ainsi que l'utilisation d'armes lourdes dans des zones peuplées, ont causé des morts et des déplacements massifs de la population civile ", souligne le rapport. 

Pendant la période en revue, le BCNUDH a documenté au moins 847 cas de violences sexuelles liées au conflit (VSLC) affectant 1,479 victimes (853 femmes, 620 filles, quatre hommes et deux garçons) dans cinq provinces concernées (Ituri, Maniema, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika). Ceci représente une augmentation de 59 pour cent par rapport à 2024. Les groupes armés ont été responsables de 75 pour cent des victimes de VSLC en 2025. 

Dans un autre registre, en 2025, le BCNUDH a documenté 179 violations et atteintes aux droits humains liées à l’espace civique, soit une augmentation de 36 pour cent par rapport à l’année précédente. Les agents de l’État ont été responsables de la majorité des cas (soit 108) dont 58 attribuables aux agents de la PNC, 22 aux militaires des FARDC, 12 aux agents de l’ANR et 16 aux autres acteurs étatiques (dont les écogardes, les autorités administratives et le CNC). Les groupes armés ont été responsables de 70 atteintes aux droits humains liées à l’espace civique, dont le M23 (39), les Wazalendo (25), les Raïa Mutomboki et les Maï-Maï (3 chacun).

Clément MUAMBA