Attaque de drones sur Goma : l’UE appelle à la désescalade ainsi qu’au respect du cessez-le-feu

Ville de Goma/Ph. Jonathan Kombi

À son tour, l'Union européenne a " fermement " condamné l'attaque par drones survenue mardi 11 mars à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, et qui a coûté la vie à plusieurs civils, dont une humanitaire française travaillant pour l’UNICEF.

Dans une déclaration conjointe rendue publique ce vendredi 12 mars 2026, Kaja Kallas, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la préparation et de la gestion des crises ainsi que de l’égalité, ont adressé leurs sincères condoléances aux familles et aux proches de toutes les victimes de cette attaque. Elles appellent également à l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’élucider les circonstances de ces incidents.

"L'Union européenne s'attend à ce qu'une enquête indépendante, impartiale et crédible soit menée pour faire la lumière sur les responsabilités de cet évènement tragique. L'Union européenne appelle à la désescalade et au respect du cessez-le-feu. L'Union européenne exhorte toutes les parties à respecter les engagement pris et à poursuivre les efforts entrepris dans le cadre des processus de Washington et de Doha, ainsi que ceux dans le cadre de la médiation africaine", ont-elles fait savoir dans la Déclaration conjointe.

Selon la même déclaration, l'Union européenne rappelle que le droit international humanitaire doit être respecté de manière absolue, en toute circonstance et que les populations civiles comme les acteurs humanitaires doivent être impérativement épargnés. L'Union européenne réitère son soutien indéfectible aux acteurs humanitaires qui jouent un rôle fondamental dans le soutien des populations victimes de conflit.

Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés. Après une longue période de silence, le gouvernement congolais a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville de Goma, dans l’est du pays, qui ont fait plusieurs victimes, dont une employée de l’UNICEF. Pour l’AFC/M23, Kinshasa serait derrière ces attaques.

Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la RDC. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est du pays en janvier 2026, contre 48 incidents en décembre 2025.

Sur le plan diplomatique, les initiatives, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain. Dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, et de violences sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, la situation humanitaire et sécuritaire demeure précaire et préoccupante, aggravée par le soutien présumé du Rwanda à l’AFC/M23.

Clément MUAMBA