Le corps sans vie d’une jeune fille a été retrouvé flottant sur les eaux du lac Kivu, samedi 7 mars, dans le territoire de Kalehe en province du Sud-Kivu, selon plusieurs sources locales et des acteurs de la société civile.
La découverte macabre a été faite dans la localité de Kamirhonda, au village Kabulu, situé dans l’aire de santé de Bujuki. Des habitants indiquent que le corps a été aperçu en train de flotter sur les eaux du lac Kivu avant d’être repêché par des riverains.
D’après des sources locales, la victime a été identifiée comme Ajua Luhitire. Elle souffrait d’épilepsie et avait récemment été conduite à Bukavu par sa famille afin d’y bénéficier d’une prise en charge médicale plus adaptée à son état de santé.
Plusieurs témoignages recueillis auprès de proches indiquent que la jeune fille traversait une période de profonde détresse personnelle. Elle aurait notamment confié à certaines personnes de son entourage ses inquiétudes concernant son avenir, évoquant la peur de ne jamais se marier en raison de sa maladie.
Si les circonstances exactes de sa mort n’ont pas encore été officiellement établies, certaines sources locales avancent l’hypothèse d’un suicide.
Pour plusieurs acteurs communautaires, ce drame met en lumière les difficultés sociales et psychologiques auxquelles sont confrontées des nombreuses familles dans cette partie du territoire de Kalehe, fortement affectée par les effets combinés de l’insécurité, de la pauvreté et des crises humanitaires.
Sadiki Juge, acteur de la société civile locale, estime que la population a aujourd’hui besoin d’un accompagnement psychologique plus structuré pour faire face à ces défis.
"La population de Kalehe, confrontée aux graves conséquences de la guerre, a besoin d’une assistance en santé mentale, en activités génératrices de revenus et en alimentation,"a-t-il déclaré.
Tout en condamnant la pratique du suicide, cet acteur communautaire appelle également à renforcer les mécanismes de solidarité au sein des familles et des communautés.