Le deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo, Modeste Bahati Lukwebo, a pris part, mardi 24 février 2026, à une exposition photographique commémorative marquant les quatre ans de l’agression russe contre l’Ukraine, survenue le 24 février 2022. Cette activité était organisée à Kinshasa par la délégation de l’Union européenne et l’ambassade de l’Ukraine en République démocratique du Congo.
À cette occasion, l’ancien président du Sénat a salué l’organisation de cet événement qui, selon lui, vise à rappeler à l’humanité une réalité douloureuse et partagée : ce qui se passe en Ukraine est pratiquement identique à ce qui se passe en RDC. Il a dénoncé " l’agression rwandaise ", menée, d’après lui, à travers la rébellion de l’AFC/M23, tout en affirmant qu’il ne fait aucun doute que la RDC, à l’instar de l’Ukraine, est victime d’une agression clairement identifiée et largement connue de la communauté internationale.
Conscient des efforts diplomatiques entrepris tant sur le plan interne qu’externe, le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a également exposé sa compréhension du cessez-le-feu, tant réclamé dans le contexte de la guerre dans l’Est du pays. Pour ce haut cadre de la coalition Union sacrée de la nation, plateforme au pouvoir, un cessez-le-feu qui maintiendrait les forces en présence dans leurs positions actuelles reviendrait à entériner la balkanisation de la RDC.
"Nous avons tenu à répondre à l’invitation de Monsieur l’Ambassadeur d’Ukraine en RDC, qui, avec le concours de l’Union européenne, a organisé cette soirée. Une soirée pour que nous nous souvenions de ce qui se passe là-bas, et qui est pratiquement identique à ce qui se passe chez nous. Nous, nous sommes victimes d’une agression, que tout le monde connaît : l’agression rwandaise, avec le bras séculier AFC/M23, l'’Ukraine est victime de l’agression de la Russie, c’est connu de tout le monde. Nous avons profité de cette occasion pour dire que tout le monde doit travailler pour un retour rapide de la paix. Il est vrai que des efforts sont fournis par le Président, par la République, par Félix Antoine Tshisekedi, il y a des efforts qui sont fournis ça et là, il y a même eu des accords qui ont été signés et qui devaient déboucher sur le cessez-le-feu mais je voudrais attirer l'attention du public que le cessez-le-feu signifie que ne vous battez pas que chacun garde ses positions or au jour d'aujourd'hui si nous gardons les positions telles qu'elles sont donc nous consacrons la balkanisation de notre pays", a fait savoir devant la presse le deuxième vice-président du Sénat Modeste Bahati Lukwebo
Pour ce sénateur élu de la province du Sud-Kivu, la priorité pour la RDC doit être l’exigence du retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, en se fondant sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en février de l’année dernière. Selon le leader du regroupement politique AFDC et Alliés, avant cette agression, la RDC jouissait de son intégrité territoriale et vivait en paix, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, aujourd’hui amputées de vastes pans de territoires contrôlés par le Rwanda, à travers ses supplétifs de l’AFC/M23.
"Notre combat actuel doit être celui de demander que la communauté internationale et tous ceux qui peuvent aider la RDC, que le Rwanda et ses troupes puissent quitter la République Démocratique du Congo, que l'AFC/M23 également suivre le Rwanda parce-que parfois on nous demande vous voulez qu'ils aillent où ? Nous nous disons qu'ils aillent là où ils étaient avant parce-que nous étions en paix, nous avions notre intégrité territoriale et au jour d'aujourd'hui le pays est amputé des espaces aussi importants au Nord et au Sud-Kivu et nous pensons que l'urgence doit être de demander l'application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui consacre, qui demande instamment que le Rwanda puisse retirer ses troupes et que la paix puisse être cimentée pour une collaboration, une cohabitation pacifique entre la RDC et tous ses voisins", a déclaré Modeste Bahati Lukwebo, deuxième Vice-président du Sénat
Dans un autre registre, Modeste Bahati Lukwebo digère mal le fait que le Parlement européen tente de prendre des mesures concernant la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, lesquelles, selon lui, sont souvent bloquées au niveau de la Commission européenne. Toutefois, il estime que cette situation doit interpeller la RDC et l’amener à compter d’abord sur elle-même, avant de se tourner vers l’appui des autres.
"L’Union européenne fait des déclarations, c’est vrai, dans les forums internationaux,il y a des prises des positions surtout au Parlement européen mais au niveau de la Commission, nous ne sentons pas que les résolutions et les décisions qui sont prises au niveau du Parlement européen soient mises en application.Deuxièmement, il faut comprendre que nous n'allons pas attendre où nous attendre à ce que l'Union européenne sorte autant des milliards d'euros pour la RDC comme elle le fait pour l’Ukraine, pour des raisons évidentes : on s’occupe d’abord de son enfant avant de s'occuper de l'enfant d'autrui, nous ne le dirons jamais assez que nous devons cesser de compter sur l'extérieur, c'est à nous de nous organiser, d'avoir une armée pour nous protéger", a fait remarquer le deuxième vice-président du Sénat Bahati Lukwebo
Pour lui, la guerre actuelle finira par prendre fin. Il rappelle toutefois l’urgence pour la RDC d’améliorer sa gouvernance et de se doter d’une armée républicaine, capable de défendre efficacement l’intégrité territoriale du pays. Selon lui, les Congolais doivent également changer de comportement, affirmant qu’aucune agression ne peut réussir sans complicités internes.
"La guerre se terminera, mais tant que nous n’aurons pas une armée capable de nous défendre, pour nous protéger et bien les guerres reviendront toujours du fait d'abord que nous sommes un pays attractif pour diverses raisons mais aussi le fait qu'il y a toujours des faiblesses parce-que tout cela arrive, c'est toujours par le biais des congolais, la rébellion où bien l'agression ne peut pas réussir s'il n'ya pas des complicités internes d'où nous devons donc prendre la résolution, nous tous dirigeants et peuple, de dire mettons maintenant une croix sur le passé, de regarder devant nous et de changer totalement de comportement. Changer de comportement signifie se tourner vers la bonne gouvernance, car si la bonne gouvernance est là, eh bien l'ennemi n'aura pas de passage, elle va cimenter d'abord l'esprit patriotique mais aussi la bonne gouvernance va nous permettre d'avoir des institutions solides, stables et une armée capable de nous défendre à tous égards" a souligné Modeste Bahati Lukwebo
Cette commémoration du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, organisée à Kinshasa, intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo fait également face à l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23. Les efforts diplomatiques en cours peinent à produire les résultats escomptés sur le terrain, tandis que la situation ne cesse de se détériorer, exposant davantage les populations civiles.
Clément MUAMBA