Le ministre du commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a, dans une lettre, signifié au directeur général de l’Office Congolais de Control (OCC) de l’action disciplinaire pris à son encontre, pour plusieurs griefs, dont un système de fraude, à travers l’instauration d’une administration informatique parallèle de gestion de contrôle des importations.
« Il m'a été rapporté des faits d'une gravité exceptionnelle qui témoignent d'une volonté manifeste de s'affranchir des règles administratives, financières et éthiques régissant l'Office Congolais de Contrôle (OCC) », écrit le ministre Paluku,
Et d’ajouter :
« Il vous est reproché l'instauration d'une administration informatique parallèle pour la gestion du contrôle des importations. Ce système opaque, fonctionnant en marge des protocoles officiels, est particulièrement actif au niveau de la Direction Provinciale de Matadi ».
Le directeur général de l’OCC, Etienne Tshimanga Mutombo, n’est pas visé que pour ça. Il est accusé aussi d’être à la base d’un manque à gagner à l’entreprise, et d’usage du faux, pour avoir favorisé l’utilisation frauduleuse des attestations de vérification BYVAC BV, le préjudice financier occasionné s’élève à plus de 25.000.000 USD, pour la seule exercice 2025.
Par ailleurs, M. Mutombo est également pointé pour des engagements massifs et des promotions de grade frauduleuses au sein de l’office congolais de contrôle, dans un contexte des difficultés chroniques que traverse cette entreprise publique à honorer le paiement des salaires du personnel « dans les délais légaux ».
Par conséquent, le ministre du commerce extérieur accorde 20 jours au DG de l’OCC de lui fournir des explications « écrites et documentées sur les points suivants :
Par quelle logique administrative procédez-vous à des recrutements budgétivores alors que vous êtes en possession de ma lettre n° 593/CAB/MIN.COMEXT/kkd/09/2025 du 18 septembre 2025 interdisant le recrutement sauf autorisation préalable ?
Qui sont les concepteurs et administrateurs de ce système informatique parallèle identifié à Matadi et en déploiement au Haut-Katanga ?
Comment justifiez-vous l'évaporation des recettes due aux fausses attestations de vérification (AV) sous votre supervision directe, estimées à 6 640 dossiers dont 87% à Matadi où a été déployée l'application informatique parallèle ?
En RDC, l’office congolais de contrôle est vivement critiqué de ne pas faire correctement son travail, au regard des produits périmés qui inondent les marchés, surtout ceux de Kinshasa. D’aucuns dénoncent son inaction face notamment aux boissons gazeuses importées à foison au pays, en provenance par exemple du marché de Lufu en Angola, et dont la chimie est préjudiciable à la santé. Ses contrôleurs,déployés dans les usines de fabrication des divers produits, sont, pour certaines langues, soudoyés pour élaborer des rapports fameux contraires aux normes.
Samyr LUKOMBO