Après des accrochages qui ont opposé dimanche dernier les forces armées de la RDC et un mouvement insurrectionnel dans le territoire de Bukama, province du Haut-Lomami, Sud-Est de la RDC, la Fondation katangaise, la structure qui regroupe les associations socioculturelles de l'espace Grand-Katanga monte au créneau pour dénoncer des violations des droits humains. Pour elle, il est important de rompre avec ce cycle d'impunité.
" La Fondation katangaise, organisation socio-culturelle apolitique engagée dans la
promotion de la paix, de la cohésion sociale, du vivre-ensemble et de la dignité humaine dans l'Espace katangais, exprime sa vive préoccupation, sa profonde indignation morale et sa solidarité compatissante à la suite des événements tragiques survenus à Bukama, dans la province du Haut-Lomami", lit-on dans cette mise au point de ce mardi 13 janvier.
Cette structure évoque "l'usage excessif et disproportionné de la force" lors de l'intervention de l'armée, incluant des balles réelles.
"Au regard des informations concordantes issues de témoignages directs, de constats médicaux, d'images insoutenables largement diffusées et de communiqués émanant d'organisations crédibles de défense des droits humains, il ressort que des populations civiles non armées ont été victimes d'un usage excessif et disproportionné de la force, incluant des tirs à balles réelles, des arrestations arbitraires, des exécutions sommaires des populations civiles et des traitements dégradants. Des éléments armés identifiés comme appartenant aux forces régulières se sont rendus coupables d'actes d'une violence extrême et moralement inacceptable, consistant notamment en l'exécution de civils non armés, suivie d'atteintes graves à la dignité
humaine, y compris des violences post mortem. Ces actes ont été délibérément filmés et diffusés, traduisant une volonté manifeste d'humilier les victimes, d'instiller la peur au sein des communautés et de banaliser l'usage de la force létale contre des populations civiles", poursuit-elle.
Et d'ajouter :
" Les informations disponibles font état de plusieurs pertes en vies humaines, de
nombreux blessés graves, dont des mineurs, actuellement pris en charge dans des structures sanitaires locales dans des conditions particulièrement précaires. Aucun élément probant n'établit que les victimes civiles auraient été porteuses d'armes, qu'elles soient létales ou non létales, ce qui renforce le caractère arbitraire et disproportionné de l'intervention signalée".
Pour cette structure d'encadrement des associations socioculturelles de l'espace Grand-Katanga, les événements de Bukama ne peuvent être considérés comme des fats isolés.
Pour le contexte, l'armée et un mouvement identifié comme appartenant aux Maï-Maï se sont affrontés à Bukama. Des décès (4) selon l'armée et trois blessés. La situation sur terrain est calme, selon les autorités locales.