Le Rwanda a décidé de présenter Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), a annoncé le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, dans une interview accordée à Jeune Afrique.
À dix mois du XXe Sommet de la Francophonie, prévu à Phnom Penh, au Cambodge, Kigali a pris les devants alors que le second mandat de Mme Mushikiwabo arrive à expiration cette année et que le dépôt des candidatures se clôturera fin avril.
Le président rwandais Paul Kagame a ainsi décidé de reconduire son ancienne ministre des Affaires étrangères, élue secrétaire générale de la Francophonie en octobre 2018 lors du sommet d’Erevan, en Arménie. Elle avait pris ses fonctions en janvier 2019, avant d’être réélue pour un second mandat au sommet de Djerba, en novembre 2022.
Ancienne ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Communauté de l’Afrique de l’Est du Rwanda, Louise Mushikiwabo a également occupé le poste de ministre de l’Information. Diplômée en langues et en interprétation de l’Université du Delaware, aux États-Unis, elle maîtrise le français, l’anglais et le kinyarwanda.
Cette annonce intervient dans un contexte de débats croissants sur la succession à la tête de l’OIF. Dans une tribune publiée en juillet 2025, Mabiala Ma-Umba, ancien directeur de l’éducation et de la jeunesse à l’OIF, estimait que la République démocratique du Congo pourrait prétendre à la fonction de secrétaire général lors du prochain sommet, à condition de présenter une candidature disposant d’une crédibilité et d’un rayonnement international reconnus.
Selon lui, le poste de secrétaire général de la Francophonie, qui a rang de chef d’État, exige une personnalité « inspirante », capable de jouer un rôle de facilitateur entre les États membres, dans une organisation où les décisions se prennent le plus souvent par consensus.
Depuis la création du poste en 1997, la Francophonie a été dirigée successivement par Boutros Boutros-Ghali, Abdou Diouf, Michaëlle Jean et Louise Mushikiwabo. Le critère de rotation géographique n’a jusqu’ici pas été déterminant dans le choix des secrétaires généraux, rappelle Mabiala Ma-Umba, alors que plusieurs voix soulignent que l’avenir démographique de la Francophonie se situe en Afrique, en particulier en République démocratique du Congo.